Politique

Des promesses électorales sous l’« homme simple »: Ici a vécu le…mandat social de Faure Gnassingbé !

 

. Le bel exemple George Weah au Liberia

 

L’actualité politique concentrée autour de la 3e réunion délocalisée du Comité de suivi de la mise en œuvre de la feuille de route de la CEDEAO monopolise l’attention des Togolais et ils doivent avoir oublié cette promesse de mandat social. Mais c’est le bel exemple donné au Liberia par George Weah qui rappelle au bon souvenir des Togolais cette incantation électorale de Faure Gnassingbé, restée telle à quelques mois de la fin du quinquennat 2015-2020. En termes de concrétisation, cette promesse est à conjuguer au passé composé et à vite oublier.

Le bel exemple George Weah

Tout un premier cycle universitaire gratuit pour les étudiants ? Cela parait  impossible, mais c’est bien ce qu’a décidé le Président George Weah au Liberia. C’était le 24 octobre dernier. L’ancien footballeur devenu Président en janvier dernier a ainsi déclaré « libre de droits d’inscription » l’ensemble des universités publiques du pays pour les étudiants du premier cycle. « Au nom du peuple libérien et de mon gouvernement, je déclare libre de droits d’inscription l’Université du Liberia pour les étudiants du premier cycle, ainsi que pour ceux de toutes les autres universités publiques au Liberia », a officialisé le dirigeant libérien sur le principal campus de Monrovia.

Cette décision, George Weah affirme l’avoir prise en réponse aux difficultés financières rencontrées par les étudiants, notamment en raison de la chute du dollar libérien face au dollar américain, les deux monnaies légales dans le pays. « Les étudiants m’ont dit que les frais d’inscription avaient augmenté. La direction m’a affirmé que ce n’était pas le cas, mais qu’à cause de la chute du dollar libérien, les montants payés en monnaie locale ont augmenté », a-t-il expliqué. A l’en croire, sur environ 20 000 étudiants ayant fait les démarches pour s’inscrire, ils sont seulement 12 000 à assister réellement aux cours ; et parmi ce lot, cinq mille (5 000) y sont arrivés grâce à des bourses. Les autres, les 8 000 cela s’entend, ne peuvent pas suivre les cours en raison du manque de moyens financiers ou d’aides. Conscient que l’incapacité des jeunes à poursuivre des études a un « impact négatif sur leur capacité à jouer un rôle positif dans le développement du pays », le Président a pris le taureau par les cornes.

Cet acte s’inscrit simplement dans la matérialisation du programme politique présenté par le candidat George Weah lors de la campagne à l’élection présidentielle de décembre 2017 destiné à combattre la pauvreté et à relancer l’économie du pays. En homme vraiment préoccupé par le sort de ses gouvernés, soucieux d’apporter des solutions à leurs problèmes, George Weah n’a pas attendu la fin de son second mandat au pouvoir et l’ouverture de la campagne électorale pour appâter ses concitoyens avec une pareille promesse, à la quête d’un 3e mandat. C’est juste neuf (09) mois après son entrée en fonction qu’il joint l’acte à la parole.

Ici a vécu le mandat social de Faure Gnassingbé

Comparaison n’est pas raison, diront les griots du Prince. Mais ce geste de George Weah et le contexte remettent au goût du jour la fameuse promesse de mandat social faite par l’« homme simple » assoiffé de pouvoir lors de sa quête du 3e mandat à la tête du Togo en 2015. Il avait en effet pris cet engagement de placer le quinquennat 2015-2020 sous le sceau du social, ce qui s’entend de la satisfaction des besoins des populations laissés en jachère depuis son avènement sanglant au trône, au nom des urgences.

Donnez-lui du temps, voilà la ligne de défense de ses caisses de résonance lorsque l’on tente de critiquer, mieux, de rappeler au Prince cette promesse faite à cor et à cri aux populations, devant l’absence d’actes concrets dans ce sens. On est presqu’à la fin de ce quinquennat assez mouvementé. Mais le mandat social ne semble même pas avoir véritablement commencé. Difficile de citer un acte majeur dans ce sens et qui a un début d’impact sur le vécu quotidien des populations. L’éducation et la santé qui constituent le baromètre du social sont loin d’avoir connu meilleur sort ; et c’est un simple euphémisme de le dire ainsi. Les logements sociaux criés à l’appui du mandat social ne sont des châteaux (construits) en Espagne. « Ici a vécu le mandat social », caricature un compatriote, en référence à la mort et à l’enterrement d’un homme, pour illustrer la non exécution de cette promesse. Visiblement, elle n’aura été qu’une escroquerie grandeur nature pour bluffer les populations, conçues comme un simple bétail électoral, et ainsi arracher leurs suffrages.

Par rapport au geste de George Weah, les membres du supporting club du Prince du 228 avancent aussi la fameuse mesure de gratuité de l’école primaire publique, plutôt de suppression des frais de scolarité dérisoires. Mais comparé à cette décision du Président libérien, il est évident que la portée n’est pas la même. Et lorsqu’on tient compte des problèmes engendrés dans les écoles par cette mesure et que s’emploient à régler les responsables de ces établissements, elle est à vite oublier.

Ici au Togo, le social n’a jamais été vraiment la préoccupation des « gouvernards » (mauvais gouvernants) en place. D’ailleurs le moindre geste posé au passage, aussi insignifiant soit-il, est récupéré à des fins politiques. Le fameux FNFI, Fonds national de la finance inclusive en est l’illustration palpable. Les bonnes femmes sont bluffées par ces microcrédits à l’orée des élections. Même les initiatives personnelles sont récupérées et présentées aux populations, pas forcément outillées pour faire la part des choses, comme des actions de charité du prince. Une escroquerie intellectuelle en somme. Ici la misère des populations est un fonds de commerce politique pour les gouvernants. Mieux, ils maintiennent les populations dans la dèche afin de mieux les exploiter lors des élections.

Le premier mandat de Faure Gnassingbé était dit placé sous le signe de la réconciliation nationale. En réalité, c’est après qu’il a refermé ses portes que le commun des citoyens l’a su. Le second, lui, était dit aux couleurs de la relance économique et du développement des infrastructures. Ici on peut au moins évoquer la réhabilitation de quelques routes présentées aux citoyens naïfs comme des autoroutes, la construction de semi-ponts aériens peints comme des échangeurs, le dégagement de quelques pistes rurales, entre autres. Le 3e mandat placé sous le sceau du social, on connait son sort. Au sein du sérail, on irait peut-être jusqu’à évoquer, comme c’est devenu une chanson, la grève générale illimitée pour le justifier ; et pourtant des pays qui ont connu la guerre comme la Cote d’Ivoire, le Liberia et autres trouvent les moyens de se remettre de ces périodes heurtées et satisfaire les besoins de leurs populations. Ah on oubliait, ici c’est…Togo !

 

Tino Kossi

 

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