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Projet d’investissement et de résilience des zones côtières : Restauration de la mangrove sur l’île Guin dans la commune des Lacs 1

Les côtes ouest africaines sont en proie à l’érosion côtière. Laquelle est le fruit  de phénomènes naturel et anthropique : changements climatiques, actions de développement des économies telles que les infrastructures, la gestion des ressources naturelles et des habitats, la pollution, etc.

Pour adresser ces effets, le projet WACA (programme de gestion du littoral ouest-africain), lancé en 2018 par la Banque Mondiale apporte des solutions pour lutter contre l’érosion côtière. Mais pas que. Ce projet intervient dans la région Maritime et une partie de la région des Plateaux, plus précisément la préfecture de Haho.

Trois bassins versants sont concernés, notamment celui du fleuve Mono, du Zio et du Haho, et leur interconnexion s’effectue au niveau du système lagunaire au sud du pays et du chenal Gbaga que le Togo partage avec le Benin. Des travaux de protection des berges du littoral devront incessamment être lancés cette année.

Pour atteindre les populations et faire connaître ses activités, le projet WACA a lancé son émission dite Radio du littoral, dont le but est de relayer toutes les actions devant permettre de lutter contre l’érosion côtière et la dégradation des berges de l’île Guin.

Et déjà le 18 février 2022, une cérémonie de lancement d’un projet de sécurisation des berges de l’île Guin dans la commune des Lacs s’est déroulée à Aného. Il sera question de restaurer la mangrove dans l’île Guin. Le maire de la commune a procédé au lancement et expliqué à la population les avantages de sécuriser les berges de l’île.

En marge de la cérémonie, nous avons posé des questions au chargé de suivi du projet, Guefli Komi Maurice, géographe et responsable de l’assainissement solide dans cette commune des Lacs 1 pour expliquer les contours.

Qu’est-ce que le projet de restauration de la mangrove dans l’île Guin, ses objectifs et les résultats attendus ?

Comme on l’a dénommé, le projet se décline en sécurisation des berges de l’île Guin. Il a pour objectif global la restauration des écosystèmes de mangrove autour de l’île. Et sur cet objectif, se greffent d’autres activités. On parle de restauration des écosystèmes parce que la mangrove a une particularité, celle de protéger les berges contre l’érosion côtière et développer la biodiversité des produits halieutiques sous ses racines échasses.  Dans ce sens, c’est propice pour la protection des berges et en même temps développer les produits halieutiques autour de l’île.

Comment procédez-vous ?

En arrière mangrove –vu que les populations riveraines sont tentées de couper les plants de mangrove pour d’autres fins-, on a mis des garde-fous. Nous avons mis en terre 4000 pieds d’essences telles que les coyagigantea, kayasenegalis et gymelina en arrière-plan pour protéger la mangrove.

Et sur l’île ?

Sur l’île même, nous avons reboisé 9750 plants d’espèces existant dans les zones dégradées dans le but de restaurer l’environnement ou l’état initial de l’île.

L’île Guin est-elle différente de la ville d’Aného ?

L’île Guin n’est pas différente d’Aného. En fait c’est la terre située au milieu de la lagune de Gbaga qui sépare le canton d’Aného de celui de Glidji.

Est-elle habitée ?

Non, elle est inhabitée. Mais les populations s’y rendent pour couper du bois et adorer des divinités qui s’y trouvent. Nous avons trouvé trois cases vodou sur l’île, signe que des gens y vont pour adorer leurs dieux.

En quelle année a eu lieu la mise en terre des plants ? Le suivi se fait-il ?

En septembre 2021. Des agents vont sur l’île chaque jour pour l’entretien, l’arrosage et le remplacement des plants détruits. D’ailleurs, le projet a prévu un volet entretien et suivi et tout ce qu’il faut pour que le projet survive afin que les plants arrivent à créer l’écosystème sur l’île.

La restauration de cet écosystème va-t-elle à l’avantage des populations ?

Assurément. Il n’est pas question d’un simple reboisement. Il y aura d’autres activités génératrices de revenus qui vont se développer sur l’île comme le maraichage. Dans ce sens, on y a installé un forage pour arroser les plants et aider les maraichers ; deux groupements organisés seront appuyés en maraichage pour développer leurs activités sur l’île. Nous avons prévu la construction d’un débarcadère et l’acquisition d’une barque motorisée pour l’écotourisme et servir en même temps de voie d’accès à l’île par les populations riveraines, avec la priorité accordée aux populations du canton de Glidji et ensuite celles situées du côté d’Aného, c’est à dire les quartiers de Vitokondji, Yesuvito, Landjo, Adido, Degnenou, etc. Bref, tous les quartiers longeant la berge lagunaire.

Les activités seront-elles suspendues pour le moment ?

La pêche ne sera pas stoppée, parce qu’elle n’a pas de lien avec nos activités. Elle se déroule au milieu de la lagune, et nous, sur les berges, là où l’eau n’est pas abondante. Mais il se trouve que la lagune a un problème d’ensablement. Or les poissons recherchent des zones ombragées pour se reproduire en période de chaleur. Mais l’eau n’étant plus profonde, ils doivent aller sous les racines échasses de la mangrove pour aussi se protéger de la prédation. Les œufs pondus sous la mangrove sont plus en sécurité jusqu’à leur éclosion parce que des prédateurs n’arrivent pas à accéder aux œufs et aux alevins. Les conditions d’un parfait biotope sont réunies sous la mangrove.

Godson K.

 

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