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CimTogo à son tour crucifie les Togolais

« Fermer les yeux sur la précarité, la maladie, la déchéance, l’exclusion, c’est pratiquer une politique de l’autruche qui se retournera immanquablement contre ceux qui l’auront cautionnée » (Noël Mamère)

La situation des Togolais n’est pas des plus enviables. Déjà durement éprouvés par la crise du Covid-19 à cause de la faiblesse de leurs revenus, ils doivent aussi faire face au phénomène de la vie chère devenue la chose la mieux partagée dans notre pays. Un gouvernement soucieux du bien-être des populations devrait œuvrer à les sortir de la misère indicible que leur imposent la crise sanitaire et la cherté de la vie. C’est sa mission première. Un chef de l’Etat est élu pour être au service de son peuple, faire son bonheur, lui créer de la prospérité. Idem pour les ministres qui ont avant tout, la mission de servir le peuple.

Mais au Togo, le sort des populations semble le cadet des soucis des gouvernants qui préfèrent les asphyxier davantage avec l’intauration de toutes sortes de taxes -taxe sur les véhicules motorisés, l’augmentation des frais de péage- entraînant l’augmentation des prix des produits de première nécessité, hors de leur portée. C’est dans ce contexte étouffant pour les populations que le régime a cru devoir prendre en juin dernier une mesure pour le moins explosive, l’augmentation des prix des produits pétroliers. Depuis quatre mois, l’essence qui est la première source d’énergie, base de toutes les activités, est ainsi maintenue à prix prohibitif.

Les Togolais, compte tenu de leur pouvoir d’achat qui n’a de cesse de se dégrader dans un contexte marqué par la crise sanitaire, étaient très loin de pouvoir supporter les conséquences d’une telle hausse de prix à la pompe. Le plus grave, c’est qu’après avoir surpris tout le monde avec une augmentation du prix des produits pétroliers, rien n’a été fait pour gérer la flamblée de prix ayant suivi au niveau des autres denrées alimentaires courantes.

Comme si les Togolais dont la précarité s’est renforcée avec la pandémie ne souffrent pas déjà assez, comme si on a perdu du coup conscience de leur misère et la faiblesse de leurs revenus, la société Cimtogo, filiale du groupe HeidelbergCement a décidé à son tour de revoir à la hausse le prix du ciment, au grand désarroi des Togolais. Le prix de la tonne de ciment est ainsi majoré de 6000 FCFA. Comble de paradoxe, le Togo qui est exportateur du clinker, est le seul pays dans la zone de l’UEMOA où le ciment reste le plus cher.

A titre comparatif, alors que la tonne du ciment CimTogo à l’usine de Kara et de Lomé, est respectivement de 79.001 FCFA et de 81.000 FCFA, en Côte d’Ivoire elle est à 73.000 FCFA et au Bénin à 64.617 et 66.997 FCFA. Comment peut-on expliquer cet écart entre le Togo, producteur du clinker qui sert à fabriquer le ciment et les autres pays ?

Les Togolais n’ont véritablement pas de chance. On a le sentiment que ceux qui les gouvernent ne se soucient guère de leur bonheur. Nos dirigeants n’ayant aucune obligation de résultat envers les populations, ne se privent pas de prendre parfois des mesures impopulaires qui, sous d’autres cieux, pouvaient provoquer de graves crises sociales et coûter des postes à beaucoup.

Médard AMETEPE

 

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