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Réhabilitation des voies ferroviaires : rêve ou réalité future ?

 

  • Un impératif pour booster l’économie togolaise pourtant

La gouvernance est surtout une question de volonté. Et pour un pouvoir qui veut laisser à la postérité des preuves de son passage, point besoin d’attendre des critiques d’une quelconque opposition avant d’agir. Puisque les discours de politique générale ne sont point dictés par quelqu’un d’autre, mais selon la vision –encore faut-il que cette vision existe- de ceux qui veulent gouverner. Les voies ferroviaires au Togo, parlons-en !

Il a fallu le départ de la société MM Mining pour découvrir dans des rapports de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) au Togo que cette société avait pour mission de remettre sur les rails, le chemin de fer devant acheminer le fer de Bandjeli au port de Lomé.

Mais jusqu’à son départ en 2016 pour des raisons non élucidées, MM Mining ne s’est pas exécutée. Dans l’optique de la campagne pour la présidentielle de 2015, le pouvoir s’était entendu avec Vincent Bollore et son groupe pour servir des boniments aux populations : la mise en route d’un corridor de développement et du projet fleuve de l’espérance. Une autoroute et un chemin de fer reliant la capitale aux villes du septentrion.

Seulement, très tôt, on s’est rendu compte que c’était pour des objectifs électoralistes que ces promesses avaient été servies aux électeurs. La preuve, le pays n’a pas évolué dans ce sens à ce jour.

Ailleurs dans un autre pays de l’espace UEMOA, plus précisément au Sénégal, l’actuel président de la République, Macky Sall n’a pas attendu le chant du coq avant d’entamer la réalisation de ses ambitions, conscient qu’il ne fera pas plus de deux mandats.

C’est ainsi que, pour se donner les moyens financiers, l’homme s’est permis de supprimer le Sénat. Les fonds économisés ont permis au pays de faire aux catastrophes liées aux inondations dans un premier temps. Et l’appétit venant en mangeant, les économies générées par cette suppression ont aidé le pays à se doter, avec l’aide de partenaires techniques et financiers, d’une centrale solaire de 30 Mw d’un coût de 27 milliards FCFA. Sans oublier que ce même pays s’est doté d’une voie de métro pour décongestionner la ville de Daker. Et pourtant, Macky Sall savait très bien qu’il partira au bout de deux mandats.

Tant vaut l’école, tant vaut la nation, dit-on. On pourrait également dire tant vaut l’économie, tant vaut la nation. Lors de la présentation des performances du Port autonome de Lomé (PAL) la semaine dernière, le Directeur général, le Contre-Amiral Fogan Adégnon est revenu sur la revitalisation du chemin de fer du Togo. « Il est aussi envisagé la réhabilitation des voies ferroviaires existantes et l’aménagement de nouvelles voies jusqu’au port sec, afin d’assurer l’acheminement à moindre coût des marchandises en provenance ou à destination des pays sans littoral. C’est dans notre plan stratégique. C’est une nécessité », avait-il reconnu.

Encore un leurre ?

Combien de plans ou programmes faut-il aux gouvernants avant qu’ils ne se décident à faire le saut qualitatif ? Aujourd’hui, on n’entend plus parler du Plan national de développement (PND) qui devrait « mettre en place un hub logistique d’excellence et un centre d’affaires de premier ordre dans la sous-région, notamment à travers une amélioration conséquente des infrastructures portuaires et aéroportuaires existantes, de la connectivité multimodale et des TIC ». Il était censé se réaliser entre la période 2018 et 2022 et devrait mobiliser à terme 4622 milliards FCFA dont 65% devraient être financés par le secteur privé et le reste, par l’Etat togolais.

Pour on ne sait quelles raisons, patatras, on a abandonné le PND pour embrasser une feuille de route gouvernementale comprise entre 2020 et 2025. Cette fois-ci, les prétentions sont revues à la baisse pour se situer à 3.400 milliards dont 65% seront portés par des investisseurs privés et le reste, par l’Etat togolais. Demandez à ce jour la situation exacte réalisée parmi les 10 ambitions et 42 projets de réformes et vous saurez ce qui est fait ; si on veut bien communiquer là-dessus.

Combien de jeunes Togolais connaissent le train ?

Le train a arrêté de siffler au Togo il y a très longtemps. Tellement longtemps que lorsqu’on demande à un jeune enfant de décrire ce qu’est un train, il pense de suite à la locomotive-vestige de la société Togorail dont chaque passage est un affront aux environnementalistes. Et pour ce qui est des wagons, les enfants penseront que ce sont les wagons chargés de clinker qui, seuls, existent au monde. Heureusement que la télévision est là pour leur faire réaliser le retard du Togo dans ce domaine.

Pourquoi ne pas offrir les montagnes de fer de Bandjeli à des constructeurs de chemin de fer qui réaliseraient les voies et pourraient compenser la différence ? Parce que sans ligne de chemin de fer, l’exploitation de ce minerai serait synonyme de dégradation des voies routières ; les voies menant au pied de cette montagne sont des témoins.

Le Directeur général du PAL peut toujours rêver ; reste à savoir comment transformer cet état de rêve en réalité sous la gouvernance actuelle.

Et pourtant, lancer la réhabilitation d’un tel projet serait une source certaine d’emplois à des milliers de Togolais.

Godson K.

 

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