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Pays si riches mais peuples si pauvres !

« La France est un frein au développement de l’Afrique. Capitale de l’Afrique noire francophone, elle tire les ficelles, encourage la mafia, soutient les dictateurs… » (Olivier Mouebara)

L’Afrique ! Voilà un continent immensément riche de par l’abondance de ses ressources naturelles, mais qui demeure inversement le plus pauvre de la planète. Les matières premières qui sont la base même du développement de nos sociétés sont objet de convoitises des grands groupes industriels et de grandes puissances. Certains parlent même d’une malédiction des ressources.

« À cause de ses richesses minières, l’Afrique a été longtemps spoliée par les puissances étrangères. Terrain de jeu des puissances coloniales jusqu’au milieu du 20ème siècle, l’Afrique est aujourd’hui plus que jamais au cœur d’âpres batailles de contrôle et d’influence, entre puissances traditionnelles qui y perdent pieds et pays émergents qui ambitionnent un rapprochement. Cette guerre de stratégie est un enjeu majeur des relations entre l’Afrique et puissances internationales », charge Isabelle Ramdoo.

Fort de ces immenses richesses qui aiguisent les appétits gloutons, certaines puissances à l’instar de la France ne lâchent pas les pays de son pré-carré dont elle est aux petits soins. Le président Emmanuel Macron a d’ailleurs convié plusieurs chefs d’Etat, on cite pêle-mêle, Faure Gnassingbé (Togo), Mack Sall (Sénégal), Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso), Kaïs Saïed (Tunisie), Sahle-Work (Ethiopie) à Paris le 18 mai 2021 pour le sommet sur la relance de l’économie africaine. Objectif, mettre en place des moyens financiers capables de relancer l’économie du continent africain.

« Nous sommes en train collectivement d’abandonner l’Afrique à des solutions qui datent des années 60. Nous devons absolument inventer pour le 17-18 mai prochain, un New Deal du financement de l’Afrique, c’est-à-dire des solutions profondément novatrices, une échelle d’ambition qui corresponde à ce que nous sommes en train de vivre. Sans quoi, nous laisserons le continent africain face à la pauvreté, nous laisserons le continent africain et sa jeunesse face à la réduction de leurs opportunités économiques, à une migration subie et à une expansion du terrorisme », a déclaré le président français le 27 avril lors d’une rencontre avec son homologue de la RD Congo à l’Elysée.

Voilà l’idée de paternalisme, de suprémacisme qui prévaut toujours chez le colon qui a tendance à considérer certains Etats africains comme des départements d’outre-mer sur lesquels il devrait veiller avec soin, et que dénoncent certains. Parce que la soif des peuples africains pour la liberté, l’autodétermination, la démocratie est universelle et incompressible.

« Pendant que les Etats-Unis ont prévu 4900 milliards de dollars pour relancer leur économie, et 750 milliards d’euros pour l’Europe, pour l’Afrique, les dirigeants sont conviés par Macron le 18 mai. On parle bien des pays indépendants au sous-sol très riche », ironise un activiste.

Si les Etats africains sont si pauvres, c’est parce qu’ils sont otages d’intérêts extérieurs. Plus de 60 ans après les indépendances, les anciennes colonies françaises n’ont toujours pas conquis leur souveraineté. Le colon garde la main sur la monnaie, le franc CFA reste arrimé à l’euro et géré depuis Paris, et la défense via une série d’accords bilatéraux de défense ou de coopération militaire noués avec Paris.

Pis encore, la France, toujours elle, apporte son soutien et sa bénédiction aux dictateurs africains impénitents qui maintiennent leurs populations dans l’ignorance et la misère. Les richesses produites sont rarement réinvesties dans le pays. Au contraire, elles profitent aux multinationales qui rapatrient leurs profits, tandis que le clan au pouvoir place souvent ses capitaux à l’étranger ou dans des paradis fiscaux. Comment de tels pays peuvent-ils se développer ?                           Médard AMETEPE

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