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Débat sur le franc CFA : Nadim Kalife répond au député communiste français Jean-Paul Lecoq

Le parlement français ratifié le 10 décembre 2020 l’accord monétaire conclu il y a un an, avec les pays de l’UEMOA. Mais pour le député communiste Jean-Paul Lecoq qui a présenté une motion de rejet préalable du projet de loi portant réforme du franc CFA, cette réforme ne changera rien et rappeler que le franc CFA va contre les intérêts des peuples africains.

Cet avis n’est pas partagé par l’économiste togolais Nadim Michel Kalife qui estime que « ce député communiste qui est aux ordres de Moscou, des nombreux réseaux sociaux de Vladimir Poutine. »

 « Or, ces mêmes russes étaient derrière Sékou Touré et Modibo Keita pour les sortir du FCFA. Et l’on a vu comment le Mali a demandé à réintégrer la zone FCFA après 8 années d’errance monétaire en dévaluant de 50% sa monnaie par rapport au FCFA ! Et la Guinée fait des mains et des pieds pour réintégrer la zone FCFA, en commençant par remplacer sa monnaie CELI par le Franc Guinéen. Mais il lui manque le respect des critères de convergence pour y parvenir », précise l’économiste togolaise.

La réaction de Nadim Michel Kalife

« Ce député communiste est dans la lignée de Poutine et de ses réseaux russes qui œuvrent contre le FCFA depuis 2015, en réussissant à créer un mouvement populiste anti-FCFA en zone UEMOA. Mais ce député ignore totalement les mécanismes de la zone FCFA. Pourquoi ?

1- Tout d’abord, le taux de change fixe du FCFA avec l’euro peut être modifié à tout moment par décision unilatérale du gouverneur de la BCEAO en accord avec les 8 chefs d’État des pays membres de l’UEMOA. Cela signifie que si le FCFA se révélait moins compétitif, l’I pourrait être dévalué de 10%, 20%, 30%…selon les besoins. Et il se trouve que, depuis la dernière dévaluation du 11/01/1994, l’économie de la zone BCEAO a réalisé de bons taux de croissance, plus élevés que dans toutes les autres zones monétaires de l’ASS, ce qui signifie que le taux de change du FCFA en € est bon.

2- Le taux fixe du FCFA en euro n’a aucune incidence sur les exportations de matières premières de la zone BCEAO, tout simplement parce que les cours de tous ces produits sont fixés à la bourse de NY, capitale mondiale des marchés boursiers. Donc, quel que soit le change du FCFA, qu’il soit fixe ou flexible, rien n’y changera, ce sera toujours fixé en US $ à New York, en fonction de l’offre et de la demande mondiale, rien à voir avec le taux de change du FCFA.

Par contre, la stabilité de change du FCFA confère la confiance aux producteurs de continuer à produire plus pour gagner plus, à l’inverse des producteurs ghanéens ou nigérians qui voient baisser leurs revenus avec les dévaluations à répétition de leur monnaie nationales. Et c’est bien ce qui explique pourquoi le Ghana et le Nigeria ont reculé leurs productions de cacao au profit de ceux de la Côte d’Ivoire depuis que leurs monnaies se déprécient au grand désespoir des paysans ghanéens et nigérians qui ont progressivement abandonné la culture du cacao pour réorienter leurs cultures vers d’autres produits vivriers qu’ils vendent au jour le jour selon les cours du marché intérieur.

3- Quant à la production industrielle de transformation des matières premières locales au lieu de les exporter à l’état brut, cela ne dépend que de la politique économique du gouvernement de chaque pays de l’UEMOA, et non pas du FCFA ni de la politique monétaire. Il faut savoir distinguer politique monétaire et politique économique, ce qu’ignore ce député communiste, proche des réseaux russes de Poutine tout comme Mélenchon et Marine Le Pen et tous autres contempteurs du FCFA, comme Kemi Seba ou Nathalie Yamb.

4- En ce qui concerne les taux d’intérêt pratiqués en zone UEMOA du FCFA, ce sont les plus bas de tout le continent africain, avec un taux de base bancaire de 2,5%, alors qu’au Nigeria et au Ghana ce taux dépasse largement les 12%!!! et environ 30% et 40% ailleurs!!!

5- Si les banques n’accordent pas facilement de crédits aux PME en pays FCFA, c’est tout simplement parce qu’elles ne peuvent pas récupérer aisément leurs créances, et pourquoi? Ce n’est pas du tout à cause du FCFA, mais à cause de la Justice qui ne leur offre pas les moyens de recouvrer aisément leurs créances, ceci résultant de la non indépendance de cette justice, héritée des méthodes de la Françafrique, c’est-à-dire du mode de gouvernance, et non pas à cause du FCFA.

6- Enfin, je ne cesse de le répéter, pour que la zone FCFA se lance dans une véritable émergence économique, il faut qu’elle agisse comme ont fait Singapour, Maurice et Hong Kong, et la Corée du Sud, c’est de pratiquer une très sérieuse campagne conte la grande corruption qui mine tous nos pays à travers leurs minorités pilleuses ( que notre PR Faure a vivement dénoncée en 2012, 5 ans après son discours au Colloque de l’ONU au Togo en 2007, ayant pour objet la lutte contre la corruption), ces minorités pilleuses qui envoient à l’étranger leurs butins au lieu de les réinvestir sur place dans des usines de transformation de nos matières premières, ce qui offrirait des emplois qualifiés à tous nos jeunes diplômés chômeurs en leur évitant de s’expatrier sous d’autre cieux alors que leur pays natal les a formés pour RIEN) ».

Nadim Michel Kalife

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