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Kpatcha Gnassingbé, 4 mois d’hospitalisation et toujours en détention : Quid de son évacuation sanitaire?

Le Togo et ses singularités surprenantes qui n’en finissent pas d’étonner le monde ! Le 17 juin 2021, Kpatcha Gnassingbé est évacué, non sans difficultés, au pavillon militaire après des mois d’alertes médiatiques suite à son état de santé qui s’est considérablement dégradé ces dernières années du fait de sa longue incarcération. Treize années déjà.

L’ancien Ministre de la Défense et frère du chef de l’Etat Faure Gnassingbé boucle quatre mois d’hospitalisation dans un black-out total. D’après certaines sources, Kpatcha Gnassingbé a pu être opéré de la plaie veineuse qui risquait de le voir amputé de son pied droit. Comment va-t-il?  Est-il sorti d’affaire? Pourra-t-il guérir totalement quand on sait que la vie carcérale est qualifiée d’enfer de l’avis de nombres d’experts onusiens? Autant de questions sans réponse au regard du verrouillage informationnel autour du prisonnier depuis qu’il séjourne au pavillon militaire du CHU Sylvanus Olympio.

Pourquoi refuse-t-on toujours à un détenu une évacuation sanitaire? Se soigner dans de meilleures conditions est un droit inaliénable et dans le cas d’espèce, la solution idoine pour une prise en charge complète surtout dans un pays où le secteur de la santé est en agonie. C’est difficile de comprendre que le régime opte pour des solutions de rafistolage alors même que pour un petit mal de tête, la minorité au pouvoir saute dans le premier avion pour aller se soigne en Europe, aux Etats-Unis et ailleurs.

Il ne s’agit pas de mettre uniquement en lumière le cas du député Kpatcha, mais de plaider et alerter sur la situation des détenus en général et des détenus malades en particulier. Néanmoins  force est de constater que le cas Kpatcha Gnassingbé demeure emblématique et révélateur de l’injustice érigée en mode de gouvernance. Si ce fils d’ancien Président de la République et frère d’un chef d’Etat en exercice est soumis à un traitement de non droit, il est facile d’imaginer la désolation des citoyens lambdas détenu ou non.

Après quatre mois d’hospitalisation, Kpatcha Gnassingbé est toujours maintenu en détention. Une situation ubuesque dans un dossier truffé de toutes les incongruités inimaginables. Voilà un dossier baptisé de « coup d’Etat » dans lequel l’Etat du Togo a essuyé un revers sans précédent et historique à la Cour de Justice de la CEDEAO qui condamne le Togo et qui, contre toute attente, choisit de libérer certains détenus et garde d’autres jusqu’à présent notamment Kpatcha Gnassingbé qui entame sa 14ème année de prison. Premier couac.

Deuxième couac, le Groupe de Travail sur la détention arbitraire des Nations-Unies atteste que Kpatcha Gnassingbé est détenu de façon arbitraire et pourtant il est toujours en détention et même quand son état de santé périclite, il lui est opposé un refus d’évacuation sanitaire et de libération ne serait-ce que provisoire comme écrit dans divers protocoles et accords internationaux auxquels le Togo est pourtant partie sans qu’aucune instance onusienne ne rappelle l’exécutif togolais à l’ordre.

Tous les rendez-vous successifs du Comité des Droits de l’Homme au niveau onusien ont demandé en vain la libération de Kpatcha et coaccusés. Le pouvoir togolais est-il au-dessus des Nations Unies?

Le Togo demeure ce rare pays qui foule aux pieds les décisions internationales qui s’imposent à lui. Il est temps que les associations de défense des droits de l’homme s’échinent au suivi scrupuleux des décisions des organes onusiens, car la liberté n’a pas de prix et les forts d’aujourd’hui qui refusent d’exécuter les décisions de justice et les avis de l’ONU peuvent se retrouver dans la situation de privation de leur liberté.

La justice doit rester le dernier rempart contre le non-respect des droits fondamentaux et inaliénables.

K.A.

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