Les mensonges de Moustapha Cissé Lo pour encenser Faure Gnassingbé

Les mensonges de Moustapha Cissé Lo pour encenser Faure Gnassingbé

CEDEAO, législatives du 20 décembre 2018, dialogue…


Le président du parlement de la CEDEAO, Moustapha Cissé Lo séjourne actuellement à Lomé, dans le cadre d’une réunion de la commission mixte des parlementaires. Comme les nombreux griots qui parcourent les palais présidentiels en Afrique, il a aligné un catalogue de déclarations à la gloire de Faure Gnassingbé. 

L’Afrique n’a pas perdu toutes ses attractions. Des griots, le continent en regorge encore et de nouveaux font les preuves de leur incroyable talent. Mais contrairement à leurs ancêtres, les nouveaux griots ne chantent plus les louanges en se basant sur les faits. Ils trompent et mentent, juste pour plaire à des personnes vomies par la société et dont les actions mettent en péril le bien-être de leurs semblables.

Comme le pouvoir sait si bien le faire, il a obtenu la tenue sur le territoire togolais d’une réunion délocalisée de la commission mixte des parlementaires de la CEDEAO. A la tête de cette délégation, le président du parlement de l’organisation communautaire,Moustapha Cissé Lo. Et durant son intervention sur les médias, l’homme a fait montre de ses talents de griot et décrit Faure Gnassingbé comme un dirigeant incontournable sur la scène régionale ouest-africaine.

D’abord, dans son discours à l’ouverture de la rencontre, Moustapha Cissé Lo vante les supposées actions de Faure Gnassingbé pour une meilleure intégration au niveau de l’espace régional. Il félicite « Faure Gnassingbé dont les actions concrètes au profit de l’intégration régionale sont incalculables et incommensurables ».

Des actions « concrètes », Faure Gnassingbé en a posé, depuis son accession au pouvoir en 2005. Mais la plus remarquable et mémorable de tout ce qu’il a accompli en sa qualité de chef de l’Etat, c’est d’avoir refusé, lors du 47ème sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO à Accra, de faire rentrer son pays dans une véritable ère de gouvernance démocratique. Avec le déchu gambien Yahya Jammeh, le « Prince » s’était opposé au protocole de la CEDEAO visant à limiter à deux les mandats présidentiels. Moustapha Cissé Lo semble donc n’avoir pas intégré l’évidence selon laquelle la CEDEAO des peuples ne saurait advenir s’il n’y a pas un enracinement profond de la culture de la démocratie dans les pays.

Ensuite, dans le même discours, le président du parlement de la CEDEAO se pose en directeur de campagne de Faure Gnassingbé appelant les Togolais à s’unir autour de sa personne. Il exhorte les Togolais à « l’unité, la solidarité autour du président élu, le président Faure Gnassingbé », a-t-il claironné. Il ignore sans doute que la façon dont Faure Gnassingbé est arrivé au pouvoir en 2005 et son mode de gouvernance constituent déjà des obstacles à une unité d’action entre lui et le peuple togolais.

Enfin, et c’est là que le président du parlement de la CEDEAO s’est lourdement discrédité, Moustapha Cissé Lo prend fait et cause pour la dictature des Gnassingbé dans la mascarade électorale du 20 décembre 2018. A la sortie d’une audience avec le chef de l’Etat, le « parlementeur » confie aux médias qu’il a « profité de cette opportunité pour féliciter le président de la République pour la bonne tenue des élections législatives du 20 décembre 2018 qui ont consacré la victoire de son parti ».

Au vu de cette déclaration, on se demande si  Moustapha Cissé Lo a oublié les débats qui ont eu lieu au siège du parlement de la CEDEAO à Abuja, quelques jours avant la tenue des élections législatives. Si oui, il ne mérite pas le poste qu’il occupe actuellement. Si la réponse est non, alors il fait preuve d’une hypocrisie qui le place parmi ceux qui s’opposent à l’émergence d’une CEDEAO au sein de laquelle les droits des peuples sont respectés. 

Dans son désir de plaire au fils d’Eyadéma, le Sénégalais dit avoir « encouragé son hôte dans le sens de l’apaisement, de l’unification du Togo et dans le sens du dialogue entre tous les acteurs politiques». Sans s’opposer à l’éventualité d’une issue pacifique à la crise que traverse le Togo, nous tenons à rappeler que les Togolais ne croient plus en un quelconque dialogue. Ils en ont vécu au moins 27, mais au finish, le pouvoir a toujours usé du dilatoire pour que les recommandations qui en sont issues ne soient jamais mises en œuvre.

Ce qui est certain, c’est que Moustapha Cissé Lo a juste aligné une litanie de bonnes déclarations, sans pour autant réussir à convaincre. C’est en cela qu’on reconnaît aussi la nouvelle génération de griots qui sillonnent les palais présidentiels en Afrique.

G.A.

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