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Alternance au pouvoir : Uhuru Kenyatta réussit là où Faure Gnassingbé a toujours échoué

Le Kenya vient de tourner la page d’Uhuru Kenyatta. Mardi, le président élu William Ruto a prêté serment. La cérémonie s’est déroulée en présence de la présidente de l’Assemblée nationale togolaise, Mme Djigbodi Yawa Tsègan qui représentait Faure Gnassingbé. Le fils de Jomo Kenyatta vient de réussir là où son collègue continue d’échouer, plus de 17 ans après son accession au pouvoir.

Au Kenya, le pouvoir change de main. A l’issue d’une élection présidentielle très mouvementée émaillée de contestations, William Ruto prend le pouvoir et devient le cinquième président de l’histoire du Kenya, indépendant depuis le 12 décembre 1963. Pour cette élection dont le suspense a été de bout en bout, William Ruto devance l’éternel opposant, soutenu par Uhuru Kenyatta, Raila Odinga. Le 15 août dernier, William Ruto (vice-président du gouvernement sortant) avait été déclaré vainqueur avec environ 233.000 voix d’avance sur Raila Odinga. Il est crédité de 50,49% contre 48,85% pour son adversaire. Il s’agit en effet de l’un des scrutins présidentiels les plus serrés de l’histoire du Kenya.

C’est donc mardi que le président de la République élu a prêté serment, devant une foule de militants et en présence de chefs d’Etat conviés pour l’occasion. « Si la grenouille ne vas pas en guerre qui va siffler ?», dit-on. Evidemment, le Togo était bien représenté, et à un très haut niveau par la présidente de l’Assemblée nationale, deuxième personnalité du pays. Mme Yawa Tsegan était donc parmi les invités à cette investiture qui sonne le passage du pouvoir dans les mains de William Ruto.

Pour signaler sa présence, la présidente de l’Assemblée nationale a fait des tweets. « J’ai eu l’honneur de prendre part ce mardi 13 septembre 2022, au nom du Président de la République, SEM Faure Essozimna Gnassingbé, à la cérémonie d’investiture de SEM William Ruto, nouveau Président de la République du Kenya. Il a axé son discours sur la poursuite de l’élan de développement … Le Président William Ruto a également promis de « travailler avec tous les Kényans et a salué une nouvelle fois la vitalité de la démocratie kényane. Ce scrutin a démontré la maturité démocratique du peuple kenyan … Le Kenya entretient d’excellentes relations d’amitié et de coopération avec le Togo. Les deux Présidents partagent les mêmes visions de développement de leurs pays respectifs ainsi que la paix et la sécurité sur le continent », a tweeté Mme Yawa Tsegan.

Tout d’abord, l’absence de Faure Gnassingbé a surpris plus d’un, habitués que nous sommes à le voir parcourir la terre entière. Au point de faire penser qu’il a même l’intention de conquérir l’espace. Pourquoi le chef de l’Etat n’était pas à l’investiture ? Rien d’officiel n’a été dit à propos. Mais nous rappelons que lundi dernier, 12 septembre, s’est ouvert un séminaire gouvernemental à Kpalimé. Les travaux se sont poursuivis pour prendre fin le mardi, jour d’investiture de William Ruto. De toutes les façons, la non participation de Faure Gnassingbé à cette cérémonie au Kenya n’a rien changé. Il s’est fait représenter et a transporté toute l’équipe gouvernementale à Kpalimé, ville touristique, précise-t-on. Tout est dit.

Enfin, sur cette absence de Faure Gnassingbé à Nairobi, on peut estimer que c’est peut-être pour éviter les critiques qui lui rappellent sans cesse sa volonté de régner à vie comme feu son père qu’il a préféré rester à Kpalimé. Sinon, le globe-trotter togolais ne manque jamais l’occasion de sortir de son pays.

La passation des charges réussie par le Kenya est un pas de plus pour ce pays de se rapprocher de la démocratie. D’ailleurs, la présidente de l’Assemblée nationale l’a reconnu en déclarant que « ce scrutin a démontré la maturité démocratique du peuple kenyan ». Quid alors du Togo où le chef d’Etat est lui aussi fils d’ancien président ? En effet, Uhuru Kenyatta est le fils de Jomo Kenyatta, premier président du Kenya. Elu Premier ministre du Kenya le 1er juin 1963, il proclame l’indépendance de son pays le 12 décembre de la même année. Un an plus tard, il devient le premier président de la République, poste qu’il a occupé jusqu’à sa mort en août 1978. Après 15 ans de règne. Son fils Uhuru Kenyatta a été élu en mars 2013, à l’issue d’une élection âprement disputée contre l’opposant Raila Odinga. Le pays avait frôlé une descente aux enfers. Heureusement, Uhuru Kenyatta a su diriger son pays pour transmettre le flambeau à son successeur, après dix ans de pouvoir.

C’est tout le contraire de Faure Gnassingbé, fils lui aussi d’un ancien président. Après s’est imposé dans le sang, le petit, comme l’appelaient certains hommes politiques et chefs d’Etat, a réussi à convaincre de sa « bonne foi » et sa « volonté » de quitter le pouvoir. C’était une duperie. Dix-sept (17) ans après, il s’est tellement embourbé dans sa politique que de nombreux observateurs en viennent à lui attribuer des craintes d’être rattrapé par ses actions. Non seulement il n’a pas réussi à pacifier et à réconcilier son pays, mais aussi il en a fait l’un des plus endettés au monde. Avec à sa tête un régime autoritaire qui interdit toute pensée contraire et tente d’imposer un retour au parti unique.

En apprenant ce qui s’est passé au Kenya, ceux qui défendent encore le pouvoir à vie doivent avoir honte. Malheureusement, la honte a déserté le Togo, il y a plus de cinquante (50) ans.

G.A.

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