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Faure Gnassingbé à Doha : Les vrais maux auxquels sont en proie le Togo dissimulés

Le chef de l’Etat togolais a pris part à Doha (Qatar) au 2ème forum économique organisé par le pays du Golfe. Faure Gnassingbé y a animé une session au cours de laquelle il a indiqué que les problèmes majeurs du Togo sont l’inflation et l’insécurité. Pourtant, les difficultés majeures du pays sont loin de se résumer en deux mots.

Le chef de l’Etat togolais est au Qatar depuis le début de la semaine, dans le cadre du 2ème forum économique annuel organisé par ce pays. Mardi, une session a été consacrée au Togo, et l’intervenant n’était autre que Faure Gnassingbé lui-même. « Seul intervenant en provenance d’un pays francophone d’Afrique au cours de la séquence consacrée au futur du continent, intitulée « In conversation with President Gnassingbe », le Président de la République, SEM F.E. Gnassingbé a évoqué les ressorts de l’inclusion socio-économique de notre pays dans un contexte de crise sanitaire et économique, et mentionné les préoccupations posées par l’inflation et l’insécurité au plan régional », lit-on dans un tweet de la présidence de la République.

Au cours de cette intervention relayée par des médias locaux, Faure Gnassingbé a dit les maux qui minent son pays : la hausse du coût de la vie et le problème de sécurité, apprend-on. « Au sein de l’Afrique de l’ouest, nous qui avons la même devise, nous avons des taux d’inflation d’à peine 1 à 2%. 6% c’est trop pour nous. Nous sommes en urgence et ce que nous avons fait au Togo, c’est d’essayer de plafonner la hausse des prix du carburant, du blé, du maïs et des aliments de base. Mais, cela ne sera pas durable dans le futur parce que cela nous coûte à peu près 20 millions de dollars chaque mois. Nous essayons de mettre en place une nouvelle stratégie pour le moyen et le long terme», a-t-il déclaré.

L’autre souci majeur évoqué par Faure Gnassingbé est en lien avec la sécurité dans le pays. Depuis quelques mois, le pays est en proie à des attaques terroristes. Celle du 10 mai a fait au moins huit (08) morts au sein des forces armées togolaises. La dernière attaque date d’une semaine, mais aucun bilan n’a été présenté.

Inflation et insécurité. Tels sont les seuls problèmes évoqués à Doha par le chef de l’Etat, comme étant les difficultés majeures du Togo. En réalité, il s’agit là des maux ou situations que vivent la majorité des pays de l’Afrique et bien au-delà. En dehors de l’Amérique latine, le terrorisme islamiste est une menace pour presque tous les pays du monde. Contrairement au Togo, les gouvernements prennent les dispositions adéquates pour amoindrir l’effet, mais aussi l’impact de la cherté de la vie sur le quotidien des populations. Même si ce ne sont pas des exemples parfaits, on peut citer le Bénin, le Ghana et la Côte d’Ivoire qui ont pris des mesures, des vraies. Par contre, au Togo, on prend des mesures visibles seulement au microscope et dont les fruits n’arrivent jamais. Et ce n’est pas tout. En lieu et place des mesures d’accompagnement, le gouvernement a pris des mesures qui ont accentué le malaise, comme la hausse du prix du carburant qui a contribué à maintenir l’inflation.

De toute évidence, la liste que Faure Gnassingbé a présentée aux partenaires n’est pas exhaustive. Il n’a fait qu’énumérer les maux qu’on peut évoquer devant un public étranger, sinon, il y a pire. Et on s’est fait le plaisir de rappeler quelques-unes des carences entretenues par le régime.

Au fait, le problème du Togo en lien avec le pouvoir d’achat de la population va bien au-delà de la simple inflation. Réduire la crise socioéconomique à cette seule inflation, c’est voiler la souffrance des Togolais. Pour faire simple, les compatriotes de Faure Gnassingbé ont faim, très faim. La paupérisation est galopante et le phénomène a été accentué avec la crise sanitaire de la Covid-19 et les mesures impopulaires prises par les autorités. La situation est plus alarmante.

Au rang des problèmes majeurs, on peut citer le manque d’infrastructures. Cela s’observe dans le domaine éducatif avec une carence criarde des installations les plus élémentaires. Même dans la capitale togolaise, les enfants sont coincés dans les bancs. Une situation qui va s’accentuer à la rentrée prochaine dans certaines écoles de la capitale à cause de la fermeture d’autres, pour raisons de travaux.

Le manque d’infrastructures est aussi remarquable dans les transports. Un domaine où le seul « exploit » du Togo est d’avoir réussi à installer des postes de péages sur toutes les routes qui partent de Lomé. Au niveau de la santé, le manque d’infrastructures n’est plus à démontrer. La crise sanitaire du coronavirus a levé le voile sur la situation au Togo. L’électricité n’est pas encore une denrée disponible en permanence au Togo. L’eau potable aussi manque cruellement.

En termes de manquements, le Togo est un champion en Afrique et dans l’espace CEDEAO pour ce qui est du déficit démocratique. Normal que Faure Gnassingbé ferme les yeux sur ces réalités. Au Togo, la violation des droits de l’homme est récurrente, presque automatique. Dans le même temps, les pouvoirs législatif et judiciaire sont aux mains du pouvoir exécutif.

G.A.

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