ActualitesSociété

Construction de logements sociaux : Le Bénin dans le concret, le Togo n’avance que sur le papier

Le Togo et le Bénin ont pratiquement annoncé au même moment leurs projets de construction de logements sociaux au profit de leurs populations respectives. Deux ans après, les premiers logements au nombre de 1735 sortent déjà des terres côté béninois. Au Togo, rien à signaler (RAS) jusqu’alors. Tout est mis sur le dos de la Covid-19. Et pourtant, le Bénin était autant touché par cette pandémie que le Togo.

La vidéo des travaux de construction des logements sociaux à Ouédo (Abomey-Calavi) au Bénin circule sur toutes les plateformes. Beaucoup expriment leur admiration pour ces travaux qui ont pourtant été annoncés en 2020 tout autant que la construction des 20.000 logements annoncée en grande pompe par le gouvernement togolais dans le cadre du Programme National de Développement (PND).

En 2020, le Bénin lançait le projet de construction de 20.000 logements sociaux et économiques. C’était l’un des projets phares du Programme d’action du gouvernement (PAG). Deux ans après, sur les 20.000 logements prévus à terme, ce sont 1735 logements en construction à Ouédo (Abomey-Calavi) qui sont les plus avancés. Les travaux avaient démarré au mois de juillet 2020.

Ces 20.000 logements seront répartis dans plusieurs villes du pays. Selon les informations, A terme, la commune d’Abomey-Calavi devrait accueillir 11.500 logements dont 8.000 pour le seul site de Ouèdo. Le reste est réparti sur divers sites dans 13 autres villes du Bénin. Porto-Novo (3.000) et Parakou (2.500) vont accueillir les volumes les plus importants derrière Abomey-Calavi. Même si en deux ans, sur les 20.000 annoncés, seuls 1735 sont pratiquement terminés -un nombre relativement peu-, au moins les autorités du pays ont franchi un grand pas vers l’atteinte de cet objectif qui est de mettre à la disposition de leurs populations des logements décents à prix abordables.

Les modalités d’acquisition de ces logements sont même déjà décidées par le gouvernement en conseil des ministres en avril dernier. Ce qui montre à suffisance le niveau auquel le Bénin est actuellement dans la réalisation de ce projet.

Au Togo, malgré tout le tintamarre qui a accompagné ce projet comme la solution aux problèmes de logement au Togo, aucun n’est encore sorti de terre dans le cadre du projet. À l’heure actuelle, les Togolais ne savent même pas si les travaux de construction vont démarrer un jour. Et pourtant au départ, le gouvernement togolais s’était fixé pour objectif la construction de 20 000 logements sociaux d’ici 2022. Ce, dans le cadre du PND lancé en 2018. Comme tous les projets annoncés dans le cadre de ce fameux PND, ce projet n’a jamais effectivement démarré au Togo. La faute à qui ? À la Covid-19, selon les autorités. L’échéance est donc prorogée pour 2025. Un aveu d’échec pour ce régime, spécialiste dans les annonces sans concrétisation.

Le 23 mars 2021, le gouvernement togolais et Shelter-Afrique, institution multilatérale de financement de l’habitat et de l’immobilier en Afrique à la tête de laquelle se trouve le directeur général, Andrew Chimphondah, ont signé un protocole d’entente portant sur la construction et la commercialisation de trois mille (3000) logements décents sur les 20.000.

En septembre de la même année, le PDG de Shelter Afrique a annoncé à sa sortie d’audience, l’arrivée dans quelques semaines à Lomé d’une équipe technique de sa structure pour l’opérationnalisation effective du projet de construction de logements sociaux. Depuis mars 2021 que cet accord a été signé et l’annonce de l’arrivée des techniciens, rien n’a encore été fait sur le terrain. Tout porte à croire que ce projet n’avance que sur papier et rien de concret.

Entre avoir une vision et une volonté pour son peuple, et une gouvernance à vue, il y a une différence qui se fait voir dans presque tous les domaines, selon qu’on est au Bénin ou au Togo.

Joël D.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page