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La bonne foi du régime à l’épreuve

« Tout est permis en faveur de sa propre cause, même la mauvaise foi » (Henri-Frédéric Amiel)

Depuis plus de deux ans, sous prétexte de la lutte contre la pandémie du Covid-19, l’espace civique au Togo est mis sous cloche. Le régime togolais a imposé une restriction massive des espaces de liberté et interdit les manifestations publiques. Des restrictions renforcées par l’état d’urgence sanitaire que l’Assemblée nationale a pris un méchant plaisir à proroger indéfiniment dans le seul but de faire taire toute velléité de contestation populaire. Parallèlement, le régime a érigé la force et la peur comme mode de gouvernance. Avec des violations massives et répétées des droits de l’homme. En témoigne le nombre croissant de prisonniers politique détenus arbitrairement dans les geôles de la dictature.

Conséquence de toutes ces restrictions, mi-avril, la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) avait été empêchée de tenir deux réunions politiques à Lomé. Des détachements anti-meutes de la gendarmerie avaient bouclé les sièges de la CDPA (Convention démocratique des peuples africains) dans le Golfe 1 et dans le Golfe 7 où devraient se tenir les rencontres. L’accès aux lieux fut interdit aux responsables de la DMK.

Pour justifier cette forfaiture, les tenants de l’ordre ancien avaient avancé le fallacieux prétexte que la DMK n’aurait pas d’existence légale. C’était d’autant plus curieux que tous les partis politiques et organisations de la société civile qui composent cette coalition sont légalement constitués. Plus curieux encore, depuis des décennies, le régime a eu à collaborer et à dialoguer avec des regroupements politiques à l’instar du FAR, COD II en passant par le CST, le FRAC, CAP 2015, etc. sans que cette situation n’ait posé un quelconque problème au régime.

Hier, la pandémie de la Covid-19 était le prétexte tout trouvé pour empêcher les activités des partis politiques. Le régime qui n’est jamais à court d’imaginations, brandit plus tard l’argumentaire selon lequel la coalition des formations politiques n’aurait pas de base légale pour poser des entraves à l’exercice des activités des partis politiques de l’opposition. Une aberration ! La DMK a dénoncé les «intimidations qui accentuent le recul des libertés fondamentales au Togo » et « les violations de ses droits constitutionnels ».

Ironie de l’histoire, au même moment où le régime, par des pratiques liberticides et anti-démocratiques, étouffait la DMK et persécutait les responsbles et militants de l’opposition, le président des sages du parti UNIR, Charles Kondi Agba a cru devoir fustiger cette opposition de faire de la figuration sur la scène politique, au détour du 10ème anniversaire de parti UNIR.

Le 25 juin prochain, la DMK a de nouveau programmé un meeting à Bè Kondjindji. La coalition lance un appel aux Togolais qui aspirent à un Togo libre de toute forme d’oppression, de la misère et de la faim, à répondre massivement à ce rassemblement.

Ce meeting est un test grandeur nature pour le régime de Faure Gnassingbé. On attend de voir par quelle alchimie le pouvoir qui accuse l’opposition d’« avoir abandonné » la lutte, va de nouveau manœuvrer pour réduire cette même opposition au silence en interdisant ses manifestations publiques.

Médard AMETEPE

 

 

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