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Togo : une dictature aux portes du Commonwealth

La quête des partenariats et financements étrangers se poursuit sous le régime de Faure Gnassingbé. Ce vendredi, les députés de la sixième législature ont donné leur accord pour l’adhésion du Togo au Commonwealth dont les valeurs sont inexistantes dans le pays.

Le Togo frappe toujours à la porte du Commonwealth. Le vendredi 22 avril 2022, une nouvelle étape a été franchie dans le cadre de la candidature du pays à cette organisation. Par un vote à l’unanimité, les députés de la sixième législature ont apporté leur soutien au gouvernement. « L’Assemblée nationale apporte le soutien du peuple togolais à l’adhésion du Togo au Commonwealth. Une Résolution adoptée à l’unanimité ce 22 avril encourage le président de la République à mener le processus à son terme pour le bien des populations », a tweeté Christian Eninam Trimua, ministre en charge des relations avec les institutions de la République.

Cette relance du processus d’adhésion du Togo au Commonwealth intervient huit (08) ans après le début dudit processus. Suivant le rapport fait par l’Assemblée nationale, les députés ont eu droit à une séance d’information de la part du gouvernement. Et il a été dit que cette candidature se fait dans la  dynamique de mieux reconfigurer la position du Togo dans le concert des nations. « Les enjeux de l’adhésion du Togo au Commonwealth sont multiples et liés à la diplomatie, à l’économie et à la politique entre autres », a indiqué l’Assemblée nationale sur son site.

Sur le plan de la diplomatie, les députés soutiennent que « cette adhésion offre au Togo la possibilité de diversifier ses relations d’amitié et de coopération et donc d’élargir le champ de ses rapports étatiques ». Au niveau économique, l’adhésion du pays au Commonwealth lui permettra de « bénéficier du Fonds pour la Coopération Technique (CFTC) qui joue un rôle important dans le progrès économique et social de ses membres ».

Il y a aussi, selon les députés, des avantages socioculturels, notamment l’ouverture à un « brassage culturel pour les Togolais avec l’exploration de possibilités nouvelles en termes de travail, de voyages et d’étude ».  « Sur le plan politique, au-delà de l’ancien héritage politique britannique, elle assure au Togo la reconnaissance internationale d’un renouveau historico-politique. Sur le plan commercial, l’adhésion garantit un vaste marché extérieur pour l’exportation de produits nationaux togolais. Avec le Commonwealth, c’est plus de 2 milliards de consommateurs », affiche-t-on comme ambition.

Dans sa déclaration au cours de la séance qui a consacré le vote de soutien, la présidente de l’Assemblée nationale, Chantal Yawa Tsegan a voulu préciser que « le Togo ne quitte pas la francophonie. Il va seulement renforcer les programmes d’enseignement de l’anglais et réactiver d’autres partenariats. C’est chaque Togolais qui en sort gagnant ».

Le Togo, membre du Commonwealth, cela n’a rien de grave. Au contraire, et en se fiant aux valeurs de cette organisation mise en place par la Grande Bretagne, cela doit être considéré comme une bonne nouvelle. En effet, suivant la charte du Commonwealth, la démocratie a été la première valeur citée. Il y a aussi les droits de l’homme, la paix et la sécurité, la liberté d’expression, la séparation des pouvoirs, la bonne gouvernance, le rôle de la société civile, entre autres. Des valeurs qui font défaut au Togo.

« Nous reconnaissons l’importance de maintenir l’intégrité des rôles du législatif, de l’exécutif et du judiciaire. Ceux-ci sont les garants dans leurs domaines respectifs de l’Etat de droit, de la promotion et de la protection des droits humains fondamentaux et du respect de la bonne gouvernance… Nous reconnaissons le rôle important que la société civile joue dans nos communautés et nos pays en tant que partenaires dans la promotion et le soutien des valeurs et principes du Commonwealth, y compris la liberté d’association et de réunion pacifique, et dans la réalisation des objectifs de développement », extraits de la Charte du Commonwealth aux chapitres concernant la séparation des pouvoirs et le rôle de la société civile.

En se bornant à ces deux valeurs, sachant que le Togo est défaillant dans les autres, le pays est automatiquement disqualifié. Et pour cause, le Togo est un pays où la séparation des pouvoirs n’a jamais existé sous la dictature des Gnassingbé. Les pouvoirs législatif et judiciaire sont à la solde de l’exécutif qui en dispose à sa guise. De même, la liberté d’association et de réunion pacifique est bafouée par le régime, la société civile mise sous éteignoir par des restrictions qui les étouffent.

Mais en réalité, le Togo ne cherche pas à adhérer au Commonwealth pour ces valeurs. Il n’en a cure. Ce que lorgne Faure Gnassingbé, ce n’est pas le marché de 2 milliards de consommateurs dont est riche l’organisation. Le Togo veut simplement s’inscrire sur la liste du Commonwealth et bénéficier des financements qui en découlent. C’est pourquoi dans les déclarations, il est constamment mis l’accent, non sur les valeurs telles que la démocratie, mais sur le marché, les partenariats et les financements. La candidature du Togo, c’est une dictature qui frappe à la porte du Commonwealth.

G.A.

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