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CNAP et CPC : L’opposition adopte la marche de l’écrevisse : un pas en avant et deux en arrière

Ce n’est pas un secret. Les opposants togolais ne sont d’accord que sur leurs désaccords. Ils font souvent une chose et son contraire à la fois. Et cet état de chose se fait encore plus ressentir à l’approche des élections. Les régionales prévues pour fin 2022 ravivent cette inconstance reprochée à l’opposition togolaise depuis fort longtemps.

Le Gouvernement prévoit d’organiser les élections régionales au dernier trimestre 2022. Les préparatifs vont bon train. Dans le cadre de ces préparatifs, les autorités avaient mis en place une concertation des acteurs politiques. Une rencontre qui se voulait un cadre de discussion pour évoquer l’organisation d’élections régionales.

Une frange de l’opposition togolaise n’a pas participé à ces discussions. Les partis membres de la DMK ont catégoriquement rejeté l’invitation du ministre Boukpessi. Pour la DMK, il n’est point nécessaire d’ouvrir un dialogue tant qu’une solution n’est pas trouvée au contentieux électoral issue de l’élection présidentielle de février 2020.

Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), quant à lui, est le premier parti politique à avoir quitté la table des négociations de la CNAP. Ce, pour non-règlement des différends au lendemain de la présidentielle de février 2020.

L’Alliance Nationale pour le Changement de Jean-Pierre Fabre était le dernier à quitter la barque à la veille de la fin des travaux de la CNAP. M. Fabre avait annoncé la suspension de la participation de son parti aux discussions. C’est à travers une lettre adressée le 12 juillet au ministre de l’administration territoriale, Payadowa Boukpessi. « Nous ne pouvons-nous retrouver cantonnés dans un rôle d’accompagnateur et de faire-valoir, pour une opération de saupoudrage ou de replâtrage du cadre électoral de notre pays, que l’ensemble des populations togolaises juge inique et propice à la fraude en faveur du pouvoir en place », avait-t-il écrit au ministre.

Après six (6) mois de discussions, les travaux de la CNAP ont pris fin le 13 juillet 2021. Des propositions relatives à l’amélioration du cadre électoral, aux mesures d’apaisement, à la loi sur les manifestations, au statut de l’opposition…ont été formulées et soumises au gouvernement.

Des conclusions qui n’ont pas du tout été au goût de certaines formations politiques à l’instar de l’ANC et du CAR qui avaient entre-temps quitté la barque. Les responsables du CAR disaient ne rien regretter de leur boycott aux travaux de la CNAP.

« Le CAR ne s’étonne pas des conclusions de ces travaux qui confirment ses inquiétudes et qui ont sous-tendu en son temps, la suspension de sa participation aux travaux de la CNAP. Les participants, au lieu d’avoir des avancées dans la loi électorale, ont préféré le recul des acquis démocratiques. Le cas de la CENI en est un exemple palpable », avait déploré le parti de Me Yawovi Agboyibo. Même son de cloche au niveau de l’ANC qui a également rejeté les conclusions de ces discussions.

Dans la droite ligne des préparatifs pour l’organisation des élections régionales, un Cadre Permanent de Concertation (CPC) s’est ouvert le 21 janvier 2022 sur invitation du ministre en charge de l’Administration territoriale. Le CPC est une recommandation de la CNAP. En clair, c’est une suite logique de la CNAP. La DMK est restée dans sa logique de la non-participation. Le CAR a répondu présent à cette première réunion du CPC. Jean Kissi qui a représenté le parti à cette réunion a essayé de se justifier.

« Chaque fois qu’on commence une nouvelle chose, nous venons toujours pour savoir comme on dit, de nous assurer des faits avant de nous inquiéter de la cause. C’est sur la base des faits qu’on décide. Quand on vous appelle, on va dans un premier temps pour écouter et vous avez la chance de savoir de quoi on discute, les raisons pour lesquelles vous pouvez continuer ou ne pas continuer, vous le dites pour qu’on puisse les prendre en compte », a-t-il indiqué.

Mais la question est de savoir si ce Cadre Permanent de Concertation est une nouveauté. Vu qu’il est directement issu de la CNAP à laquelle le parti n’avait pas jugé utile d’y prendre part. Et a d’ailleurs logiquement rejeté les conclusions. Manifestement, le CAR s’est ressaisi et n’a pas participé à la deuxième réunion qui s’est tenue mardi 15 mars 2022.

Pendant que le CAR se retire, c’est l’ANC qui pointe le nez. Le parti de Jean-Pierre Fabre qui avait suspendu sa participation aux travaux de la CNAP et qui avait, d’ailleurs, rejeté les conclusions comme le CAR, était présente à la deuxième réunion. Elle était absente à la première.

Les raisons pour lesquelles l’ANC avait suspendu sa participation aux travaux ont-elles été prises en compte ? Non. Ce retour à la table des discussions va-t-il changer quelque chose dans ce processus ? Sauf surprise, non. Pour le moment, les responsables de l’ANC n’ont pas encore évoqué les raisons de leur présence à cette 2e réunion du CPC.

Il est souvent reproché à l’opposition son inconstance, chose qui a beaucoup impacté négativement la lutte pour l’alternance au Togo. Entre participer ou ne pas participer, il faut arriver à trouver une alternative au vu des expériences du passé.

J.D.

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