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Elections régionales de 2022 : Entre participation et boycott, trouver une meilleure stratégie

Le parti au pouvoir et ses alliés multiplient les sorties sur le terrain. Certains partis politiques de l’opposition aussi. Mais une chose est constante, la division entre les participationnistes et chantres du boycott est de plus en plus profonde. Seulement, les deux stratégies semblent se valoir puisqu’aucune d’elles ne garantit le succès de l’opposition. Pour que la lutte pour la démocratie aboutisse, il faut trouver une meilleure stratégie.

La loi relative aux régions adoptée le 02 mars 2022 à Kara lance véritablement le processus électoral relatif à la désignation des élus des collectivités régionales. Selon le gouvernement, le dernier trimestre de l’année en cours pourrait voir organisées les élections régionales annoncées de longue date. « Le gouvernement sous l’autorité du Chef de l’Etat, fera un bon usage de ce texte voté. L’usage premier est l’adoption des décrets d’application. Ce qui nous permettra de définir le nombre de conseillers par région, mais également d’aller plus loin notamment dans les circonscriptions électorales. Cette étape permettra à la CENI et autres institutions impliquées dans le processus électoral de démarrer les activités de préparation des élections régionales. Il en est de même pour les partis politiques », a déclaré Payadowa Boukpéssi, ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et du développement des territoires, lors de la session consacrée au vote de cette loi.

Le processus est donc enclenché et on voit déjà certains partis politiques, aussi bien de l’opposition que du pouvoir et alliés, en précampagne. Et pour cause, depuis plusieurs mois et ce, malgré les restrictions liées à la crise sanitaire, le RPT/UNIR a continué de mobiliser ses militants dans les différentes localités du pays. Ces rencontres en lien avec l’activité politique du parti se poursuivent. Il y a quelques semaines, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) a repris les rencontres avec ses différentes sections et fédérations. Certains alliés du régime ont également mis le cap sur les localités de l’intérieur du pays pour, disent-ils, mobiliser leurs « militants », même si on connaît leur véritable poids politique.

En associant les activités des partis politiques aux actions du gouvernement, il ne fait aucun doute que rien ne va empêcher, a priori, la tenue des élections régionales annoncées. Le gouvernement et ses alliés ont démontré qu’ils sont dans la logique de l’organisation de ces élections. Certains retroussent les manches pour y prendre part pendant que d’autres partis affirment clairement qu’il n’est pas opportun pour le Togo d’organiser les élections régionales dans le contexte de crise actuelle. C’est le cas des partis politiques membres de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) qui estiment que le contentieux né de la présidentielle de février 2020 doit être soldé avant toute nouvelle élection. Ils n’ont pas tort puisque pour que la démocratie s’installe véritablement au Togo, il faut repartir sur de nouvelles bases, plus saines. En plus de cela, les conditions d’organisation même des régionales laissent à désirer.

L’un mis dans l’autre, les participationnistes et les pro-boycott doivent se ressaisir et se poser les bonnes questions. Le parti au pouvoir qui met les bouchées doubles pour que ces élections aient lieu peut-il être contraint à abandonner cette entreprise ? Le RPT/UNIR est-il dans la logique de négociations pouvant contribuer à apaiser le climat sociopolitique ? Sinon – et c’est évident que Faure Gnassingbé et ses collaborateurs vont encore tenter un passage en force – comment l’y contraindre ? Quelles seront les conséquences d’une participation ? Que va-t-il découler d’un boycott à l’image de celui de 2018 ? Quelles sont les conséquences des actes posés dans le passé ? Voilà, entre autres, les questions qu’il faut poser, les débats qu’il faut faire dans les QG des partis politiques de l’opposition.

En résumé, il faut lancer les réflexions, les poursuivre pour arriver à trouver la bonne stratégie parce qu’il est évident que participer aux élections dans les conditions actuelles où le régime contrôle tout le système électoral, ne donne aucune garantie. Opter pour le boycott n’est pas non plus la bonne stratégie puisqu’elle laisse un boulevard devant le régime qui se distribue les sièges avec ses alliés. C’est ce qui a donné lieu à des « députés reconnaissants » qui siègent aujourd’hui à l’Assemblée nationale.

En attendant de parvenir à la meilleure stratégie, les partis politiques et les organisations de la société civile sont tenus d’animer le débat politique en se rapprochant davantage de leurs militants et sympathisants. Laisser le terrain libre pour que le RPT/UNIR continue son lavage de cerveau est préjudiciable à la démocratie à laquelle aspirent les populations togolaises. Il faut repartir à la conquête de l’opinion nationale et internationale et faire naître le rapport de force. Et parlant de rapport de force, il est clair que le régime et ses alliés ont peur de la publication des résultats par bureau de vote, un moyen certain de mettre à nu les scores piteux souvent obtenus par un camp, et qui ont de tout temps été transformés par on ne sait quelle alchimie.

G.A.

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