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Mesures contre la vie chère : Si Faure Gnassingbé s’inspirait de pépé ADO !

Pendant qu’au Togo, on frôle chaque jour une nouvelle augmentation des prix des produits pétroliers, en Côte d’Ivoire, le gouvernement vient de prendre des mesures pour subventionner ces produits. D’autres mesures sont annoncées pour juguler la crise de la vie chère, lesquelles devraient inspirer Faure Gnassingbé qui a promis veiller à un contrôle des prix.  

Le dilatoire du pouvoir togolais

«L’une des conséquences de la crise sanitaire qui perdure est l’augmentation généralisée des prix, ressentie depuis plusieurs mois dans pratiquement tous les pays du monde… Malgré toutes ces mesures, je sais que vous continuez de ressentir les effets de cette hausse des prix. C’est pourquoi après réflexion, j’ai instruit le gouvernement d’accorder aux fonctionnaires des secteurs public et parapublic et aux retraités, dès la semaine prochaine, une avance d’un mois de salaire, qui sera remboursable par tranches mensuelles jusqu’en décembre 2022. J’encourage le secteur privé à prendre des mesures similaires. Dans le même temps, des actions vigoureuses de contrôle des prix seront renforcées et se multiplieront sur toute l’étendue du territoire ». Vous l’avez sans doute deviné, ces mots sont ceux de Faure Gnassingbé. C’était à l’occasion des vœux présidentiels en début de l’année 2022.

Courant janvier 2022, à la suite du discours de Faure Gnassingbé, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Consommation locale, Kodjo Adédzé a organisé des rencontres avec les organisations de la société civile, notamment les syndicats et les associations de consommateurs. Selon les informations, il a été demandé aux organisations de présenter au ministre des propositions permettant de lutter contre la vie chère. Des propositions ont été ensuite faites. Plusieurs semaines après, toujours rien à l’horizon.

Aussi bien le ministre en charge du Commerce que son mentor Faure Gnassingbé ne disent mot sur la situation qui prévaut dans le pays. Pourtant, l’envolée des prix est constante. Chaque jour et chaque semaine, les prix des produits ne cessent de grimper. Depuis le début de la crise, certains à l’instar de l’huile de cuisson ont vu leur prix doubler. Idem pour le charbon de bois, pour ne citer que ces deux produits. Les conséquences du phénomène de la vie chère se ressentent dans tous les ménages, riches comme pauvres.

Concrètement, rien n’est fait pour soulager les consommateurs togolais qui paient depuis, un lourd tribut. Et avec la météo qui annonce une rareté des pluies, le pire n’est pas encore arrivé. C’est tout le contraire de la Côte d’Ivoire du vieil Alassane Dramane Ouattara (ADO) où des mesures concrètes sont prises pour juguler le phénomène de la vie chère.

Des dispositions concrètes ailleurs

D’emblée, on rappelle que ce qui importe dans la présente situation, ce n’est pas la légitimité dont jouit tel président ou tel autre, puisque sur ce plan, Faure Gnassingbé et Alassane Ouattara sont des frères siamois. Ils sont tous deux vomis par leurs populations à cause de leur avidité du pouvoir. Mais il faut reconnaître que du Togolais à l’Ivoirien, il y a une nette différence dans la façon de gérer cette période critique. Et contrairement à l’indifférence de Faure Gnassingbé, ADO semble plus concerné par le bien-être des ivoiriens.

Lors du Conseil des ministres tenu le 9 mars 2022, le gouvernement ivoirien a pris des mesures immédiates, à court et à moyen termes. Dans l’immédiat, le Conseil a autorisé, entre autres, « le subventionnement partiel des prix des produits pétroliers, tels que le gasoil, pour éviter l’impact sur le coût de la vie, pour un montant d’environ 55 milliards, de janvier à mars 2022 » ; « le plafonnement, sur trois (3) mois, des prix de l’huile de palme raffinée, du sucre, du lait, du riz, de la tomate concentrée, de la viande de bœuf et des pâtes alimentaires » ; « l’élargissement de la liste des produits de grande consommation et services, dont les prix sont réglementés » ; « l’interdiction, sauf autorisation du Ministre chargé du Commerce, de l’exportation de produits vivriers de grande consommation, notamment la banane plantain, le manioc et dérivés (attiéké, placali, …), l’igname, le riz local, afin de garantir la desserte des marchés intérieurs » ; « l’allocation d’appuis financiers aux acteurs du vivrier, afin de faciliter l’approvisionnement des marchés » ; « le lancement exceptionnel par le Ministère du Commerce et de l’industrie, sur trois (3) mois, d’une campagne de vérification des instruments de mesure »  et « le renforcement de la surveillance du respect de l’affichage et des prix des produits réglementés ».

A court terme, et pour faciliter l’approvisionnement à coûts réduits des marchés, le gouvernement ivoirien annonce le lancement d’un projet pilote avec les coopératives du vivrier dans le but d’acquérir 15 à 25 véhicules de 80 millions FCFA pour le transport des marchandises, et la réalisation de trois marchés de gros dans trois villes et de douze marchés de relais dans d’autres localités. En plus de la réalisation de cinquante marchés ruraux de proximité.

A moyen terme, le gouvernement ivoirien annonce la mise en place de mécanismes visant à augmenter de façon durable les productions afin de couvrir les besoins en produits agricoles, protéines animales et halieutiques des populations.

Pour l’heure, on ne peut juger de l’efficacité de ces mesures, mais au moins, elles ont le mérite de paraître concrètes, loin des mirages que servent Faure Gnassingbé et dame Victoire Tomégah- Dogbé à leurs compatriotes. Ces dispositions dont la mise en œuvre paraît simple, peuvent inspirer les dirigeants au Togo. Pour une fois, le jeune doyen peut copier ces initiatives de Ouattara pour soulager les Togolais qui vivent depuis deux ans une série d’augmentations et de créations de taxes. Ailleurs, des gouvernements ont été emportés dans le passé par des phénomènes de cherté de la vie.

G.A.

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