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Pendant que des innocents meurent par vagues en détention au Togo : Faure Gnassingbé plaide la libération du Guinéen Tibou Kamara

Faure Gnassingbé plaide la cause de Tibou Kamara auprès de Mamadi Doumbouya. L’information est donnée par le confrère Jeuneafrique qui rapporte que le chef de l’Etat togolais est intervenu auprès du chef de la junte guinéenne afin que l’ancien conseiller spécial d’Alpha Condé soit libéré. Pourtant dans son pays, Faure Gnassingbé collectionne les détenus politiques, même au sein de sa famille biologique. Depuis 12 ans, Kpatcha Gnassingbé est en prison, malgré son état de santé qui inquiète de plus en plus. 7 personnes sont aussi décédées parmi les détenus de l’affaire « Tigre Révolution ».

A la suite du renversement du régime de Condé, Tibou Kamara, à l’instar de nombreux autres anciens dignitaires du régime, a été placé en résidence surveillée avec interdiction de sortir du territoire guinéen. En d’autres termes, Tibou Kamara n’est pas dans une prison semblable aux lieux de détention du Togo.

D’aucuns voudraient savoir pourquoi c’est la cause de Tibou Kamara que Faure Gnassingbé a décidé de plaider et non celle des autres personnalités guinéennes proches du président déchu ? En faisant cette demande au président de la transition guinéenne, Faure Gnassingbé est seulement en train de « renvoyer l’ascenseur » à une personne qui l’a soutenu et lui a permis de se mettre à l’abri pendant qu’il traversait le tourbillon du soulèvement populaire d’août 2017 dans son propre pays. Alors que la rue grondait au Togo et que le chef de l’Etat voyait son « héritage » vaciller, ce sont des personnalités telles que Tibou Kamara qui ont joué à endormir le peuple et l’opposition. En complicité avec le Ghanéen Albert Kan-Dapaah, tous deux mandatés pour apaiser la tension avant la tenue du dialogue, l’ex-conseiller spécial d’Alpha Condé a joué dans le camp de Faure Gnassingbé pour lui permettre d’obtenir la suspension des manifestations de rue. L’opposition avait signé un code de bonne conduite qui l’a affaiblie. Les manifestations mises de côté, le pouvoir a pu se relever, même s’il porte encore les séquelles de ces secousses sociopolitiques.

Cette intervention de Faure Gnassingbé auprès d’un dirigeant étranger pour la libération de personnalités politiques jugées dangereuses pour la paix et la stabilité dans leur pays, n’est pas une première. Cela semble même devenir une habitude pour le chef de l’Etat togolais. En octobre 2014, l’ex-président du Burkina-Faso, Blaise Compaoré, a entrainé dans sa chute du pouvoir ses collaborateurs. Parmi eux, un certain Djibril Bassolé, très proche du pouvoir de Lomé. En effet, cette personnalité était le principal consultant engagé par Faure Gnassingbé dans les préparatifs du Sommet sur la Sécurité maritime et le développement en Afrique qui allait se tenir en octobre 2016. De sources diplomatiques, Faure Gnassingbé est intervenu auprès des autorités burkinabé pour plaider la cause de son ami Bassolé.

Réckya Madougou, béninoise de nationalité et conseillère à la présidence de la République togolaise, est arrêtée le 03 mars 2021, quelques jours avant la présidentielle d’avril. Elle est accusée par les autorités béninoises de vouloir déstabiliser le pays. En plus du rejet de sa candidature, la protégée de Faure Gnassingbé est ainsi empêchée de pouvoir mesurer sa prétendue popularité à celle du président Patrice Talon, candidat à sa propre succession. Reckya Madougou en prison à Missirété, c’est la politique de propagande de Faure Gnassingbé qui a pris un coup dur. On le sait, l’ancienne ministre de l’inclusion financière dans le gouvernement de Yayi Boni est l’une des artisans de l’offensive communicationnelle mise en place par le régime de Faure Gnassingbé, à travers son titre de conseillère à la présidence de la République. Pour sa collaboratrice, le fils du Général Eyadema a mouillé le maillot. En vain. Reckya Madougou n’a pas recouvré sa liberté.

Si Faure Gnassingbé est si sensible à la cause des personnalités détenues dans le cadre d’une crise politique dans leurs pays, il demeure indifférent aux tribulations de ses détenus politiques. C’est tout un contraste pour un pays comme le Togo qui regorge de détenus politiques, des plus célèbres aux anonymes manifestants pacifiques. Ils sont actuellement plus d’une centaine dans les geôles de la dictature, et sept (7) ont y déjà laissé leur vie. Depuis 12 ans, Kpatcha Gnassingbé est détenu dans une affaire d’atteinte à la sûreté de l’Etat. De nombreuses personnalités ont plaidé sa cause, de leur localité d’origine au cercle des chefs d’Etat, mais rien n’y fit. Des voix s’élèvent, en vain, pour la libération des détenus politiques. Faure Gnassingbé reste de marbre.

Par ailleurs, le moins qu’on puisse dire, c’est que tous ceux qui travaillent en coulisse ou ouvertement pour le compte de Faure Gnassingbé se retrouvent tôt ou tard en situation de détresse. Le fils de Gnassingbé serait peut-être pris au sérieux dans ses approches dans d’autres pays s’il était sensible aux cris de ses prisonniers personnels en interne.

G.A.

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