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Sommet panafricain de la jeunesse à Cotonou : Plus de 150 jeunes engagés pour une CEDEAO des peuples et une limitation des mandats

Après s’être exprimés, pour la première fois, sur le protocole de démocratie et de bonne gouvernance de la CEDEAO en juillet 2017 à Lomé, des organisations de la société civile et mouvements citoyens de l’espace CEDEAO se réunissent pour une seconde fois, à Cotonou du 9 au 10 juillet 2021, à l’initiative des Universités Sociales du Togo (UST). Cette fois-ci, pour parler des défis de la sous-région, notamment la bonne gouvernance, l’alternance et la démocratie. Dans le cadre des objectifs et en prélude à ce deuxième Sommet citoyen ouest-africain, s’est tenu hier 8 juillet dans la capitale économique du Bénin, le sommet panafricain de la jeunesse.

Ils sont plus de 150 jeunes de délégations venues des différents pays membres de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à prendre part à cette rencontre aux fins d’échanger sur les grands défis de développement du continent et la question migratoire. Placé sous le thème : « Intégration régionale et engagement citoyen, cas des jeunes de la CEDEAO », ce sommet donne la parole aux jeunes des différents pays de la CEDEAO de pouvoir mener des réflexions et faire des propositions pour que l’institution sous-régionale ne soit plus la CEDEAO des chefs d’Etat, mais une CEDEAO des peuples qui implique la jeunesse dans les prises de décisions qui engagent les populations et les pays membres.

« Tout le monde s’accorde à dire malheureusement que la CEDEAO, ce n’est pas la CEDEAO des peuples mais beaucoup plus la CEDEAO des chefs d’Etat. En tant que des habitants de cet espace communautaire, nous voulons prendre nos destins en main, nous devons réfléchir sur toutes les questions qui engagent notre vie, qui ont trait à la mauvaise gouvernance, aux difficultés actuelles de dévolution monarchique du pouvoir. Nous avons jugé qu’il était important de mettre sur pied une coalition solidaire, unie, qui pourrait exprimer davantage sa voix et voir comment mettre en place une vraie stratégie de plaidoyer pour que dans tous les pays, la limitation du nombre de mandat devienne une réalité », a indiqué Prof David Dossèh, Coordonnateur des Universités sociales du Togo.

Et pour y parvenir, la jeunesse ouest africaine constitue une force non négligeable qu’il faut mettre en évidence. « Si nous ne préparons pas la relève de demain, nous risquons de faire face à une situation de hiatus ou on se retrouvera avec une jeunesse qui ne sera pas suffisamment un éveil de conscience, qui ne sera pas suffisamment outillée, suffisamment engagée pour prendre la relève et permettre la renaissance de cette Afrique que nous voulons, permettre l’émergence de l’Afrique, permettre le développement de l’Afrique », a insisté le Professeur.

Au cours de ce sommet, les différentes délégations des jeunes ont eu à suivre un exposé-débat sur le thème : « Qu’est-ce que la CEDEAO pour nous ? »Une communication qui a permis aux participants de donner leur point de vue sur l’institution. Au vu des différentes interventions, il ressort clairement que pour tous ces jeunes venus de différents pays, la CEDEAO ne joue pas pleinement son rôle et tend plus vers un syndicat des chefs d’Etat.

Des groupes de travail ont été constitués et ont mené des réflexions et fait des propositions concrètes sur comment remédier aux problèmes auxquels la CEDEAO est confrontée. Des propositions seront soumises aux chefs d’Etat de l’espace. «  Les résultats auxquels nous parviendrons seront versés aux chefs d’Etat de la CEDEAO et aux Etats pris individuellement. Ces résultats seront d’une stratégie de plaidoyer pour déboucher sur une campagne sur la limitation des mandats », a souligné Professeur Topanou Victor, ancien ministre béninois, président du Centre de Recherche sur l’Etat en Afrique (CREA).

Le représentant de Africans-Rising, Prince Akpah, un des partenaires principaux du sommet et Prof David Dosseh ont lancé un appel à cette jeunesse afin qu’elle puisse prendre son destin en main pour un changement de paradigme dans l’espace CEDEAO et en Afrique. « Réjouissez-vous, car vous êtes comme la sève vivifiante, vous incarnez un espoir. Celui d’une Afrique réconciliée avec elle-même et qui a décidé de prendre son destin en main. Cet arbre majestueux, rien ni personne ne pourra jamais le déraciner », a lancé Prof David Dosseh. Et Prince Akpah de renchérir : « Rappelons-nous que la jeunesse, c’est l’avenir et que l’avenir, c’est maintenant ».

Le Sommet proprement dit démarre ce matin sous le thème : « Vision 2050 de la CEDEAO : vers une CEDEAO des peuples ». Plusieurs communications meubleront les travaux de cette première journée à savoir, « Violations et modifications des dispositions constitutionnellesenAfrique:commentrendrelesconstitutionsplusfortesqueleshommesforts? » « Le syndrome du troisième mandat en Afrique: les nouvelles formes de coups d’Etat », « Les missions d’observation de la CEDEAO : quelle efficacité ? »

Joël D.

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