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Après la célébration de l’an 1 du 4ème mandat : L’opposition doit d’ores et déjà s’organiser pour 2025

Le 3 mai 2021, Faure Gnassingbé a célébré l’an 1 de son quatrième mandat. A la tête du pays depuis 2005, le fils du Général Eyadéma a rempilé pour 5 nouvelles années lors de la présidentielle du 22 février 2020. Son quatrième mandat finit en 2025, dans moins de 4 ans. Mais d’ores et déjà, aussi bien les Togolais que les partis politiques de l’opposition doivent commencer à se mobiliser. Une élection, quelle qu’elle soit, ne se prépare pas en une année.

Après le fiasco électoral de 2020, les forces démocratiques doivent reprendre le travail de la mobilisation et convaincre l’opinion de la nécessité de participer aux échéances électorales, car dans toute dictature, ce qui fait la force du pouvoir, c’est la faiblesse de mobilisation des militants et sympathisants de l’opposition. Aussi faut-il le souligner, dès 2023, tous les esprits seront orientés vers la présidentielle de 2025. Et dans les sérails du pouvoir la propagande déjà perceptible va s’intensifier, à coups de millions de francs CFA prélevés dans les caisses de l’Etat.

Malheureusement, c’est un phénomène contraire qui s’observe sur le terrain. Au sein des populations, on affiche une indifférence trompeuse qui cache la colère qui couve. On exprime à peine ce que l’on ressent, et pour se libérer de sa colère, on s’applique à la vindicte populaire. Et pourtant, celui, ceux où l’entité sur laquelle il faut déverser sa colère est laissée de côté. Les gens se préparent plutôt à en découdre les armes à la main. Les expressions du genre « donnez-nous les armes et nous allons sortir dans la rue » se récitent régulièrement.

Ce qui désole, c’est que ceux qui sont censés être au-dessus de la mêlée et comprendre que les enjeux doivent dépasser les clivages liés aux points de vue et à la stratégie de tel camp ou tel autre, s’activent aussi à se faire la guerre, à travers leurs militants. Sur le terrain, on assiste à la multiplication des foyers de tension au sein de l’opposition, surtout les entités qui l’incarnent le plus. La Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) et l’Alliance nationale pour le changement (ANC) se font la guerre. Comme pour les encourager à disparaître, leurs camarades avec qui ils partagent l’amour pour la patrie et l’idéologie de l’alternance se murent dans un silence honteux. L’Alliance des démocrates pour un développement intégral (ADDI), le Pacte socialiste pour le renouveau (PSR), le Comité d’action pour le renouveau (CAR), les Forces démocratiques pour le République (FDR), le Parti national panafricain (PNP) – la liste n’est pas exhaustive – se régalent de ce spectacle puant.

Pendant ce temps, dans le camp du pouvoir, tout est fait pour s’assurer une prétendue victoire lors des prochaines échéances électorales. Aucunement de manière transparente, mais à travers les perpétuelles fraudes électorales. Pire, les actes que pose le régime s’assimilent facilement à une volonté manifeste de musèlement de toutes les voix discordantes. Médias et acteurs politiques et de la société civile sont en ligne de mire, dans le but de les faire taire et faire croire à l’opinion que l’alternative au parti au pouvoir, c’est le pouvoir lui-même. Depuis la présidentielle de février 2020, de nombreux médias ont été sanctionnés, souvent lourdement, et des  acteurs politiques ont fait l’amère expérience de la prison. Djimon Oré, président du Front populaire pour la démocratie (FPD) est actuellement sous les verrous pour avoir exprimé son opinion sur la politique du pays.

Dans les faits, le Togo est sur la voie du retour au parti unique. Seul un réveil populaire couplé à la fin des guerres entre partis politiques de l’opposition peut y mettre un terme. Dans le cas contraire, ce ne serait pas une surprise de voir le Togo dirigé par l’actuel chef de l’Etat au-delà de 2025.

G.A.

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