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Des OSC s’insurgent contre une tentative d’enlèvement des leaders de la DMK à Kara

Une dizaine de mouvements et associations dénoncent une tentative d’enlèvement de quatre (04) leaders de l’opposition dans la région de la Kara, région d’origine du chef de l’État. Pour ces organisations, la liberté d’opinion toujours menacée dans la partie septentrionale du pays.

  1. De prime abord, les organisations signataires de la présente déclaration voudraient évoquer les dispositions des articles 9 et 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 Décembre 1966 qui réaffirment que tout individu a droit à la liberté et à la sécurité de sa personne et que nul ne peut être inquiété pour ses opinions. En outre, elles rappellent avec insistance que les Ministres et Chefs de délégation des États et gouvernements des pays ayant le français en partage, dont le Togo, réunis à Bamako lors du Symposium International du 3 Novembre 2000 sur le bilan des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone, ont retenu, d’une part, que la démocratie suppose l’existence de partis politiques égaux en droits, libres de s’organiser et de s’exprimer, pour autant que leur programme et leurs actions ne remettent pas en cause les valeurs fondamentales de la démocratie et des droits de l’Homme, qu’elle va de pair avec le multipartisme et doit assurer à l’opposition un statut clairement défini, exclusif de tout ostracisme ; et d’autre part, que la démocratie, cadre politique de l’État de droit et de la protection des droits de l’Homme, est le régime qui favorise le mieux la stabilité à long terme et la sécurité juridique par le climat de liberté qu’elle suscite, crée les conditions d’une mobilisation librement acceptée par la population pour le développement, et se pratique par une reconnaissance réelle et effective de la place et l’implication constante de la société civile, y compris les Ong, les médias, les autorités morales traditionnelles, pour leur permettre d’exercer, dans l’intérêt collectif, leur rôle d’acteurs d’une vie politique équilibrée ; la démocratie se juge enfin et avant tout, à l’aune du respect scrupuleux et de la pleine jouissance de tous leurs droits, civils et politiques, économiques, sociaux et culturels, assortis de mécanismes de garanties.
  2. 2. En effet, le Samedi, 24 Avril 2021, différentes délégations de la Dynamique Monseigneur Kpodzroh (DMK) se sont rendues dans différentes localités du Togo, tant dans la partie méridionale que septentrionale du pays, en vue rencontrer les responsables locaux, les points focaux de ce regroupement, mais aussi tenir des conférences de presse décentralisées pour faire connaître leur position sur la situation sociopolitique et économique du Togo, et sur le sens du combat que mène la DMK.
  3. 3. Des informations qui sont parvenues à nos organisations font état de ce que, non seulement ces différentes activités ont été irrégulièrement, illégalement et arbitrairement empêchées par les forces de l’ordre et de sécurité qui ont investi et pris d’assaut les lieux, d’ailleurs privés, où devraient se tenir les différentes activités, mais pis encore, les membres de la délégation qui s’est rendue dans la partie septentrionale du Togo et composée de Messieurs Allassani Abdoulaye, Quatrième Secrétaire Général Adjoint de la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), Targone Sambiri N’wakin, Ancien Député à l’Assemblée Nationale, Secrétaire National du parti politique les Démocrates Socialistes Africains (DSA), SATCHIBOU Issaou et NABOUDJA Baraïma, respectivement Président National et Porte-parole du Mouvement pour la Justice Sociale (MJS), ont fait l’objet de véritables tracasseries et traitements inhumains, allant des traques jusqu’à leur interpellation, séquestration et interrogatoire par des agents de la Brigade Territoriale de Sokodé, avec saisie et confiscation de leurs portables et documents d’identité, en passant par des surveillances et courses poursuites nocturnes, des menaces et intimidations, de l’interdiction, en pleine nuit et en cours de route, d’entrée et de séjour dans la ville de Kara. Dans les déclarations d’une des victimes, on peut lire ceci : « comme ils ont constaté que nous étions loin des populations et des maisons, ils ont vraiment accéléré, il y a eu course-poursuite sur au moins trois (03) kilomètres… Ils sont venus nous bloquer la voie avec une violence inouïe qui pouvait nous être fatale. N’eût été l’expérience et le sang froid de notre chauffeur, on aurait pu se cogner et le sort devrait être fatal. Nous avons réussi à maîtriser le véhicule ». Au demeurant, cette manie n’était-elle pas équipollente à une tentative d’assassinat ? L’intention pouvant être de pousser les victimes à la panique par cette course-poursuite nocturne et provoquer un accident, pour enfin disparaître des lieux. Les auteurs de ses actes de terreur sont : à Sokodé, le Commandant du camp Gouni et son Lieutenant, ainsi que le Commandant de la Brigade territoriale de Sokodé ; à Bassar, un Capitaine, son Lieutenant et leurs collaborateurs, et à l’entrée de Kara, ce fut le Chef de poste qui était de la faction.
  4. Les organisations signataires de la présente déclaration s’insurgent contre, dénoncent et condamnent avec telle véhémence et telle vigueur ces comportements rocambolesques, terrifiants et antirépublicains des forces de l’ordre et de sécurités, plus particulièrement des Agents suscités, et relativement à l’interdiction d’entrée et de séjour dans la ville de Kara, tiennent à rappeler les dispositions des articles 1er et 22 de la Constitution togolaise du 14 Octobre 1992 qui prescrivent respectivement que la République togolaise est un État de droit, laïc, démocratique et social ; elle est une et indivisible et que tout citoyen togolais a le droit de circuler librement. Nos organisations en appellent à la responsabilité première, pleine et entière du Gouvernement togolais et du chef de l’État monsieur Faure Essozimna Gnassingbé.
  5. 5. Aussi, les organisations de la société civile constatent avec désolation, que la résurgence de ces pratiques anti-démocratiques, faites de persécutions et de traques des opposants, intervient à la suite des rencontres entre M. Faure Gnassingbé, président du République togolaise et M. Emmanuel Macron, président de la République française. Faut-il donc croire que le respect des valeurs de démocratie, d’État de droit et des droits de l’Homme reste sacré pour le peuple français et relégué au second plan pour les populations togolaises ? Que l’aspiration du peuple togolais à l’alternance et à la démocratie est-elle conditionnée par la stabilité dans le Sahel au nom de la lutte contre le terrorisme ? Visiblement, tout porte à croire que l’exécutif français est une entrave à la démocratie et une caution de la dictature en cours au Togo.
  6. Nos organisations font une fois encore l’amer et triste constat que l’étau de la dictature se resserre chaque jour, impitoyablement et progressivement sur les libertés publiques et individuelles acquises de hautes et longues luttes, au prix même des sacrifices suprêmes. Elles lancent un appel à tous les forces démocratiques en lutte à taire leurs divergences en faveur d’un sursaut d’orgueil et patriotique, afin de mettre un terme à cette tyrannie et à ses pratiques, car nul ne sera épargné, même ceux qui font le lit à la dictature.

Fait à Lomé, le 27 Avril 2021

  1. Daguerre K. AGBEMADOKPONOU (ALCADES)
  2. Monzolouwè B. E. ATCHOLI KAO (ASVITTO)
  3. Bassirou TRAORE (GCD)
  4. Koffi DANTSEY (GLOB)
  5. Georges Kodjo AMOUZOU (LTDH)
  6. Issaou SATCHIBOU (MJS)
  7. Emmanuel H. SOGADJI (UJDEB-TOGO)
  8. Poro EGBOHOU (FDP)

Me Joseph Nadikpa K. AKPOSSOGNA (MCM)

  1. Basile AMENUVEVE (S­EET)

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