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Klassou fait du Klassou !

Il y a longtemps qu’il n’a plus donné de signe de vie, du moins depuis qu’il a été débarqué de la primature. Le 11 avril dernier, son Excellence Selom Komi Klassou a été aperçu à N’Djamena au Tchad vautré dans un nouveau costume de chef de mission électorale de l’Union Africaine pour la parodie électorale organisée par le maréchal Déby avant la survenue de la « catastrophe tchadienne ».

Le 228 n’est pas un exemple en matière d’élections transparentes et démocratiques, loin s’en faut. Mais chaque fois, on retrouve paradoxalement les pontes du régime, spécialistes en fraudes électorales à la tête des missions d’observations électorales. Il y a quelques semaines, c’est dame Tségan Yawa, députée nommée et présidente de l’Assemblée « UNIRcolore » qui avait dirigé la mission d’observation électorale de l’OIF au Niger. Même le tristement célèbre Taffa Tabiou qui avait manié le moulin à fraudes, la CENI, à la présidentielle de 2015 au Togo et qui avait douloureusement tâtonné lors de la proclamation des résultats avait eu à commander une mission d’observation électorale au nom de l’UA au Bénin.

Que peuvent faire ou dire de sérieux des gens connus comme des chefs d’orchestre des mascarades électorales dans leur pays? Au Tchad, comme on pouvait s’y attendre, Selom Komi Klassou a affiché un satisfécit béat pour cette farce électorale. Le scrutin présidentiel s’est déroulé de « manière satisfaisante », a dardé l’ancien Premier ministre togolais avant d’entonner la formule fétiche : « Les quelques irrégularités constatées ne sont pas de nature à entacher la crédibilité du scrutin ». Ne pas prononcer cette phrase culte serait comme une symphonie inachevée, un rapport incomplet. On parie que lorsqu’il avait appris qu’il a été désigné chef de mission électorale de l’UA, c’est la première phrase qu’il a buchée et qu’il a récitée comme un perroquet.

Dans leur rapport, Klassou et les siens sont cependant restés muets sur les violences commises par la soldatesque du Maréchal Déby contre l’opposition qui réclamait l’alternance au pouvoir, des violences pourtant dénoncées par des organisations de défense des droits de l’homme Amnesty international, et Human Rights Watch notamment et le secrétaire général des Nations unies.

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