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Chasser le coach ne suffira pas aux Eperviers

 

« Chasser le naturel, il revient au galop » (Philippe Néricault)

Il est vrai que sa présence était devenue un boulet aux Eperviers, l’homme étant engagé sur l’autre versant de la vie depuis longtemps. Jamais vu en train de faire un petit sprint, encore moins de taper dans le ballon, tel un ancien professionnel, Claude Le Roy a enfin libéré le plancher.

Avec lui à la tête des Eperviers, un long crépuscule a assombri l’envol de l’équipe nationale togolaise. D’autres pays n’auraient pas attendu si longtemps avant de lui signifier son licenciement. L’homme avait un langage mielleux qui arrivait toujours à endormir les autorités. Pour quelqu’un qui émargeait entre 25 et 30 millions FCFA, c’était pour lui une question de survie de s’accrocher, telle une chauve-souris. Mais vient un temps où la sorcellerie ne fonctionne plus. Et la date du 12 avril 2021 restera dans les mémoires comme ayant consacré la fin d’une aventure ambigüe, mystérieuse et dommageable aux Eperviers du Togo. Mais le plus dur reste à venir.

Signifier la porte de sortie à l’entraineur quand ça ne marche pas est une bonne chose. Mais encore faut-il qu’avant lui, les Eperviers aient un fond de jeu. En la matière, il reste du boulot à faire aux dirigeants. Autrement, les mêmes causes produiront les mêmes effets.

Combien d’amoureux véritables du cuir rond peuvent décrire le jeu pratiqué par les footballeurs de l’équipe nationale ? Suffit-il d’avoir une ou deux étoiles dans une équipe pour en faire une triomphatrice ? Les clubs au Togo sont-ils structurés au point de rivaliser avec des clubs extérieurs ? Quel est le degré d’estime que les autorités togolaises portent au sport et à la jeunesse ? Autant de questions qui méritent qu’on fasse une halte pour une introspection sincère et véritable.

L’échec de Claude Le Roy coule de source. C’est l’occasion de dire ce qui fâche : les états généraux du sport au Togo. Le gouvernement a déjà raté les rendez-vous des états généraux de l’éducation et de la santé. Ces deux secteurs continuent de trainer des tares. Si le sport pourrait se démarquer, ce serait un très bon début.

Quelle est la vision des autorités en ce qui concerne le sport en général et le football en particulier ? Comment les clubs doivent-ils entretenir les joueurs qui rêvent de faire du football un métier rémunéré et respecté ? La promotion du football doit-elle s’appuyer sur des étrangers ou les autochtones ? Comment rendre attrayant le sport pour que quand passera la pandémie du coronavirus, les terrains se remplissent de nouveau ?

Gouverner autrement, c’est également penser autrement la seule activité fédératrice des Togolais qui ne rêvent que de retrouver une équipe nationale à l’instar de celle qui s’était qualifiée pour la coupe du monde 2006. Ou même mieux. Et pour y arriver, l’apport de l’autorité est incontournable, non pas pour politiser le football, mais bien pour lui rendre ses lettres de noblesse.

Godson KETOMAGNAN 

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