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Des OSC vent debout contre les restrictions des libertés au Togo

 

 Les Universités Sociales du Togo (UST) et le Front Citoyen Togo Debout (FCTD) se mobilisent contre les restrictions des libertés au Togo. Une journée de réflexion a été organisée ce samedi 27 février 2021 à la Maison de la Santé. Objectif, faire un diagnostic des restrictions des libertés et du musèlement de la presse, et mettre en place des actions collectives pour la sauvegarde de la liberté de manifestation et la restauration de la liberté de presse dans le pays.

Une journée de réflexion pour marquer le début d’un processus visant à contraindre le gouvernement à restaurer les libertés publiques. « Nous venons d’enclencher un processus pouvant aboutir à une stratégie qui peut contraindre le pouvoir public à rétablir les diverses libertés au Togo », a indiqué Prof David Dosseh, Coordonnateur des UST.

Dans le cadre de ce processus, la société civile va intensifier l’appel à la cessation des restrictions de libertés ainsi que la restauration de la liberté de presse. Il sera également question d’actions de plaidoyer auprès des partenaires techniques et financiers du Togo. Un accent particulier sera mis sur les actions à l’endroit du Système des Nations Unies relativement à la réaction des rapporteurs spéciaux de l’ONU sur la relecture de la loi sur les manifestations publiques. Aussi, les UST et le FCTD se sont engagés à donner la parole aux différentes couches socioprofessionnelles affectées par ces restrictions afin de mettre en place des actions communes qui vont permettre la sauvegarde de la liberté de manifestation et la restauration de la liberté de presse.

Des libertés de plus en plus restreintes

C’est le constat fait par les organisations de la société civile (OSC) initiatrices de la journée de réflexion. En effet, déjà mise à mal depuis plusieurs décennies par la dynastie des Gnassingbé, la situation des libertés individuelles et collectives a connu une détérioration sans précédent depuis 2019. Tout a commencé à l’Assemblée nationale par la première séance plénière de la quatrième session extraordinaire de l’année 2019. A cette assise, les députés ont adopté, à l’unanimité, le projet de loi modifiant la loi N° 2011-010 du 16 mai 2011 fixant les conditions d’exercice de la liberté de réunion et de manifestation. Ils y ont introduit des dispositions de restriction des espaces d’exercice des libertés de réunion et de manifestation pacifiques publiques. « Promulguée dans la foulée, cette nouvelle loi baptisée « loi Boukpessi » s’est très vite révélée un obstacle à la liberté de réunion et de manifestation acquise de haute lutte et consacrée par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) et la Constitution Togolaise », ont rappelé les organisateurs.

Malgré le rappel à l’ordre des Nations-Unies qui, dans un courrier en date du 11 septembre 2019, ont interpellé le président de la République sur le caractère liberticide de la nouvelle loi, rien n’y fit. Et les choses se compliquent davantage, même en dehors des cercles d’acteurs politiques. « Après les partis politiques de l’opposition, le régime s’attaque désormais au quatrième pouvoir qu’est la presse. Il utilise le tribunal, le Service Central des Recherches et Investigations Criminelles (SCRIC) et la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) pour faire taire les journalistes très critiques vis-à-vis de la gestion du pouvoir », ont dénoncé les organisateurs.

Au bilan, ils ont recensé, depuis quelques années la fermeture des médias tels que la radio X-Solaire, Légende FM, LCF, City FM et le journal La Nouvelle. Liste à laquelle s’est ajouté le retrait du récépissé de parution du journal L’Indépendant Express et la suspension pour quatre mois du journal L’Alternative. Sans compter les violences que subissent les journalistes dans l’exercice de leur profession.

Malheureusement, le secteur syndical est lui aussi en proie à des restrictions. « En témoigne le sort réservé au Syndicat des Enseignants du Togo (SET) dont des responsables ont été traqués par le SCRIC et emprisonnés par la suite. Le syndicat lui-même a été dissous. En témoigne également la violente intrusion par des éléments de la Gendarmerie au siège de la centrale syndicale Synergie des Travailleurs du Togo (STT) où la secrétaire générale Madame Nadou Lawson Oloukounlé a été bousculée, ses appareils (ordinateur et téléphones mobiles) confisqués. Dans un arrêté, le ministre de la Fonction publique, Gilbert Bawara inflige une « mise à pied d’un mois, privative de rémunération à l’exception des allocations familiales » à 12 enseignants dont des membres du SET », ont décrit les OSC. Le clou de cet acharnement contre le monde syndical, est l’examen par le Conseil des ministres  de l’avant-projet de loi visant à apporter des modifications au Code du travail adopté il y a deux mois.

Ces faits recensés par les « OSC traduisent » la mise en œuvre d’un plan de restriction systématique des libertés et renforcent l’arbitraire ». D’ailleurs, les récents rapports dont celui de l’alliance CIVICUS ont révélé la perversion du régime en place.

G.A.

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