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Canada : Procès d’un prédateur sexuel sur une fillette africaine

Sylvain Villemaire, 59 ans, est un citoyen canadien qui s’était acheté une mineure africaine, au moment où cette dernière avait  8 ans. Pendant trois ans, il en a fait son esclave sexuelle. Le mis en cause est un psycho-éducateur ayant travaillé pendant trois décennies jusqu’à la retraite à la Commission scolaire de la Pointe-de-l’île et à l’Ecole secondaire Calixa-Lavallée  à Montréal-Nord au Canada. Il a été reconnu coupable de traite sur personne âgée de moins de 18 ans et de distribution sur Internet de pornographie juvénile lors d’un procès le vendredi 12 février 2021.

Les faits datent de l’année 2014. « Qui de mieux placé qu’un psycho-éducateur pour connaître l’impact que peut avoir une situation d’abus sexuel sur de jeunes enfants ? Qui de mieux que lui peut voir les ravages que peuvent causer des abus sexuels sur des enfants ? » s’était demandée la juge Anne-Marie Lanctot en juin 2018.

Au cours d’un voyage effectué alors en Afrique, le chemin de Sylvain Villemaire croise à Grand–Bassam, un centre balnéaire à Abidjan en Côte d’Ivoire, celui de la mère de sa future victime. Très astucieux, l’homme propose à son interlocutrice ivoirienne un projet de mariage au Canada, type famille recomposée. Bien vite, l’insouciante génitrice mord à l’hameçon en acceptant la proposition.

De retour à Montréal, l’indélicat psycho-éducateur réussit en septembre 2015, l’arrivée en première phase de la fillette, « Massogblé*», un prénom fictif pour protéger la vraie identité de la victime. Sylvain Villemaire aurait promis de lui offrir  une très bonne éducation. Mais peu de temps après l’arrivée de l’enfant, « il pose sur elle des gestes de nature sexuelle ».

Mais le traitement inespéré sur la mineure devient répétitif. Au point que Massogblé, devient rebelle. Face à tout refus, Sylvain Villemaire menace de la renvoyer en Afrique. Il ira jusqu’à lui montrer un contrat signé avec sa mère. Une des preuves que le prédateur sexuel avait déposée lors de son procès, pour démontrer que sa victime était bel et bien au fait des attentes sexuelles.

Sylvain Villemaire est un «  friand de chair fraîche ». Il sera arrêté à son domicile en mai 2018. Grâce à une enquête de la Division Exploitation sexuelle des enfants du Service de police de la Ville de Montréal. Un agent de police se faisant passer pour un pédophile, le contacte via Internet pour échanger sur la pornographie juvénile. Et c’est au cours d’une perquisition que les agents de police ont découvert  Massogblé, la victime  sexuelle. Pendant trois ans, le  psycho-éducateur lui a fait subir des sévices de toutes sortes.

« Il m’a dit que ma mère m’avait vendue »

Au cours du procès pour traite de personnes, «  Massogblé », aujourd’hui âgée de 11 ans, a relaté avec courage et dans les menus détails les sévices sexuels subis de la part de l’ancien psycho-éducateur. «Pendant trois ans, cette enfant déracinée a vécu l’enfer aux mains de son bourreau » selon les faits rapportés par lapresse.ca dans sa publication du 13 février 2021. « Il m’a tiré les cheveux et m’a couchée. Il m’a dit que ma mère m’avait vendue», a déclaré et soutenu la pauvre fillette devant une Cour, médusée.

Il avait également été démontré lors dudit procès que des caméras de surveillance avaient été installées aux portes avant et arrière de l’appartement de Sylvain Villemaire, qui a détruit un disque dur dans son four à micro-ondes lorsque les policiers s’étaient présentés chez lui. Maintenu en détention jusqu’à sa traduction en justice, Villemaire qui s’était présenté seul pendant le procès, a plaidé coupable pour quatre chefs d’accusation déposés contre sa personne. Mais il a par contre contesté celui de traite de personne mineure. Il n’avait jamais eu l’intention ou le désir d’abuser de la fillette en la prenant sous son aile, avait-il déclaré.

 

Rendant sa décision, le juge Pierre Labelle avait dit que le passage à l’acte n’est pas dû à un supposé état dépressif chez l’accusé [ni] à une trop grande promiscuité entre lui et [Massogblé]. Le passage à l’acte n’est pas dû non plus au fait que l’accusé était seul, triste et qu’il cherchait de l’amour, de l’affectation et de la tendresse. Le passage résulte du fait que l’accusé avait l’intention d’abuser de sa victime tout au long de cette malheureuse histoire, a-t- il tranché.

En détention depuis trois ans, le psycho-éducateur encourt une longue peine de prison  entre cinq et  quatorze ans pour traite de personnes mineures. Pour Me Amélie Rivard, la procureure de la Couronne, il  faut faire évaluer l’accusé dans un institut psychiatrique afin de déterminer s’il doit être déclaré délinquant à contrôler ou délinquant dangereux, des étiquettes réservées aux pires criminels. Il se dit que le juge va ordonner l’évaluation de Sylvain Villemaire dans un institut psychiatrique. Mais l’accusé n’entend pas collaborer avec les spécialistes. « Je vais bouder dans ma cellule », a-t-il affirmé et prévoit aussi de faire appel de la décision.

« Nos meilleures graines et nos champs les plus chers, ce sont nos enfants », a écrit l’écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane dans son récit emblématique « L’Aventure ambigüe ». Tout parent doit avant tout se soucier de son enfant, peu importe son attribut sexuel et ne pas le confier à un inconnu. C’est tout le contraire qui a été constaté chez la mère de Massogblé. Avant toute autre considération, l’argent à elle régulièrement viré par Sylvain Villemaire, était important et lui permettait de régler ses soucis financiers, payer son logement et avoir de l’eau potable… Faites attention à ma fille, elle est vierge », aurait été l’unique «mise en garde » adressée au psycho-éducateur

Le cas de « Massogblé », la jeune fillette bassamoise, est et reste ici et là, celui de nombreux autres enfants mineurs des deux sexes. Un pays de Cocagne ou une terre de bombance perpétuelle n’existe nulle part que dans l’imaginaire des oisifs et paresseux. Que les parents se révèlent dignes et éduquent leurs enfants avec tout le sérieux possible. Bien astucieux et très actifs  sont les prédateurs sexuels qui œuvrent sur les réseaux sociaux pour abuser de jeunes et innocents mineurs. Parfois, ce sont des parents imprudents qui, contre une pincée d’espèces sonnantes et trébuchantes, laissent sans s’en rendre compte leurs enfants dans les mains de vieux pervers qui déambulent surtout en Afrique et en Asie. Autrui étant un inconnu, il faut bien se méfier de « Monsieur tout le monde ».

© Ekoué Satchivi

 

*Massogblé (Jouet) en langue Mina

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