Editorial

Togo : L’opposition participe au malheur des Togolais

 

« Si aider les autres vous paraît trop difficile, essayez au moins de ne pas leur nuire» (Dalaï Lama)

En scrutant l’attitude de certains responsables se réclamant  de l’opposition dite la vraie sur les réseaux sociaux ces derniers temps, on se demande s’ils prennent véritablement la mesure de la souffrance et de la désespérance des Togolais. Leurs propres intérêts égoïstes, partisans semblent leurs préoccupations premières. Quant le sort des populations qui croupissent dans la misère depuis des décennies et pour les lesquelles ils prétendent lutter, ça  leur importe peu.

C’est assez ahurissant de voir des responsables politiques se réjouir de la situation que vit actuellement Agbeyomé Kodjo, la misère que lui fait le régime. Au Togo, nos leaders politiques sont tellement aveuglés par la haine, la rancœur, la méchanceté que leur rage, leur colère ne sont pas dirigés contre le système en place, le régime militaro-clanique qui opprime les Togolais depuis plus de 50 ans, mais contre leurs compagnons de lutte. Depuis le processus de démocratisation dans notre pays, lorsqu’il vient à l’idée de nos leaders de l’opposition de se battre, c’est en général contre leurs voisins immédiats, plus misérables qu’eux et la lutte a été toujours dévoyée.

Certains n’ont toujours pas digéré la vedette que le candidat de la Dynamique Monseigneur Kpodzro, Agbéyomé Kodjo leur ait ravi lors de la dernière consultation électorale. Ils consacrent leurs énergies à s’attaquer à lui sur les réseaux sociaux. Que ce soit l’œuvre de simples militants, cela pouvait se comprendre. Mais que des cadres et responsables de partis politiques tombent aussi bas, est assez révoltant. Comment peut-on faire aboutir la lutte démocratique, si on n’est pas capable de dépassement de soi, de pardonner à l’autre pour avancer ?

La politique n’est pas un domaine statique pour que certains pensent avoir le monopole de l’opposition. Elle est dynamique, elle évolue. La gloire d’un leader politique ne dure pas éternellement. La preuve, ceux qui incarnaient hier la résistance à la dictature de Gnassingbé père ne sont pas les mêmes aujourd’hui. Certains doivent avoir l’humilité d’accepter que leur temps est passé et que d’autres soient sous les feux des projecteurs. Ainsi va la vie.

Dans les années 90, le crédo des leaders de l’opposition était tant que ce ne sera pas moi, qu’Eyadema reste au pouvoir. Jetant ainsi aux orties le combat démocratique. On aurait pu tourner la page des Gnassingbé n’eurent été l’inconséquence et l’égoïsme de nos responsables politiques.

On est dans ce même schéma nuisible aujourd’hui. Si ce n’est pas moi  ce ne sera pas l’autre non plus. Voilà ce qui nous tue depuis lors. On dirait qu’ils n’apprennent jamais de leurs erreurs. C’est une lapalissade que le clan Gnassingbé n’envisage guère de lâcher le trône, mais ceux qui se disent opposants ont une grande part de responsabilité dans le statu quo ante dans lequel nous nous sommes englués depuis plusieurs décennies.

Les leaders de l’opposition doivent se ressaisir s’ils veulent voir aboutir la lutte et voir le Togo entrer dans une ère démocratique. Comme le disait Martin Luther King, « nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots ».

Médard AMETEPE

 

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