Economie

Rapport 2018 sur la compétitivité: Le Togo absent du classement


. Entre compétitivité et climat des affaires, que choisir ?

Lorsque tout semble aller pour les autorités togolaises, celles-ci n’hésitent pas à emboucher trompettes et castagnettes pour crier sur tous les toits que le pays est dans les bonnes grâces des agences de notation. Et toutes les occasions sont bonnes à saisir pour. Mais quand le classement tourne au vinaigre, c’est à peine si le gouvernement y fait allusion. Comme celui relatif à la compétitivité sur le plan mondial.

Doing Business. Le terme est tellement exploité par le gouvernement et ses représentants que dans les contrées les plus reculées, la revendeuse de poisson fumé vous interpelle pour comprendre ce qu’on entend par là. Pendant de longues années, le Togo a végété à la même place dans l’amélioration du climat des affaires. Mais parce que des efforts ont été faits dans des domaines qui impactent de façon très peu visible le quotidien du citoyen lambda, il ne se passe pas de jour sans qu’un représentant de l’autorité publique n’y fasse référence. Soit.

Dans son rapport Doing Business 2019 portant sur « Formation pour mieux reformer », le Groupe de la Banque mondiale a recensé 314 réformes de l’environnement des affaires dans le monde au cours de l’année dernière. C’est un nouveau record dans la réduction des lourdeurs administratives pour le secteur privé. Et les dix économies où les améliorations sont les plus sensibles sont l’Afghanistan, Djibouti, la Chine, l’Azerbaïdjan, l’Inde, le Togo, le Kenya, la Côte d’Ivoire, la Turquie et le Rwanda. Avec six réformes à leur actif chacun, Djibouti et l’Inde sont dans le top 10 pour la deuxième année consécutive. L’Afghanistan et la Turquie, qui figurent pour la première fois parmi les pays les plus réformateurs, ont introduit un nombre record de réformes en un an seulement (respectivement cinq et sept réformes).

Mais ce que les autorités togolaises ont tu aux citoyens, c’est que dans le même mois –octobre- où le rapport Doing Business a paru, un autre reflétant le dynamisme du pays a été produit : Rapport 2018 sur la compétitivité mondiale.

Ainsi, l’indice de compétitivité mondiale à l’ère de la 4ème révolution industrielle, qui couvre 140 économies, mesure le niveau de compétitivité définie comme l’ensemble des institutions, des politiques et des facteurs qui déterminent le niveau de productivité.

Selon World Economic Forum (WEF) 2018, avec la quatrième révolution industrielle (4IR), l’humanité est entrée dans une nouvelle phase. La 4IR est devenue une réalité vécue pour des millions de personnes à travers le monde, et qui a créé de nouvelles opportunités pour les entreprises, les gouvernements et les individus. Mais cela augure aussi une nouvelle divergence et la polarisation au sein et entre les économies et sociétés. Cette année marque également le dixième anniversaire du début de la crise financière mondiale de 2008, qui a eu des conséquences sociales et économiques d’une ampleur sans précédent sur les dernières générations.

Dans le top dix des économies les plus compétitives, les États-Unis sont la plus proche économie de la frontière, l’Etat idéal où un pays obtiendrait le score parfait sur chaque composant de l’index. Avec un score de compétitivité de 85,6, il est loin de la marque frontière de 100, ce qui implique que même la première économie parmi les 140 a de la place pour l’amélioration. Il est suivi de Singapour (83,5) et de l’Allemagne (82,8). La Suisse (82,6) occupe la 4ème place, suivie du Japon (82,5), des Pays-Bas (82,4), de Hong Kong (82,3). Le Royaume-Uni (82,0), la Suède (81,7) et le Danemark (80,6) complètent le top 10.

Dans le peloton de queue, on retrouve dans l’ordre décroissant des pays le Lesotho 42.3, la Mauritanie 40.8, le Liberia 40.5, le Mozambique 39.8, la Sierra Leone 38.8, le Congo, la République Démocratique du Congo 38.2, le Burundi 37.5, l’Angola 37.1. Le Tchad ferme la liste en étant 140è avec un score de 35.5. Quid du Togo ?

Le pays a-t-il été oublié ou omis ? Toujours est-il que nulle part dans le classement, le Togo ne figure. Mais quand on compare le rang occupé par le pays dans le classement Doing Business après « performance », son inexistence dans celui de la Compétitivité mondiale, ne doit pas suspendre. 137è sur 180 économies et inclassable sur 140 économies du côté de la compétitivité. Ceci pour dire que la jubilation ne doit être que de courte durée, car le Togo a encore du chemin à faire.

Godson K.

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