Politique

De retour au pays, Nicodème Habia s’adresse au peuple


« Ce n’est donc pas maintenant que nous allons baisser les bras »

Après quelques semaines de convalescence suite à son évacuation sanitaire au Ghana, le président du parti Les Démocrates, Nicodème Ayawo Habia a regagné le Togo. Le vendredi 07 décembre 2018. Quelques heures après son retour, il a donné une conférence de presse pour se prononcer sur l’actualité politique. Tout en dénonçant l’attitude du RPT-UNIR, le leader des Démocrates a appelé le peuple togolais à la résistance.   

A l’entame de son message, le président des Démocrates s’est réjoui de l’hospitalité dont il a bénéficié de la part de la population ghanéenne et s’est félicité d’avoir retrouvé ses compatriotes qui maintiennent la flamme de la lutte. « Et c’est justement votre détermination d’aller jusqu’au bout qui nous conduira au finish line qui est la victoire finale de la démocratie sur les forces de la dictature et du despotisme… Je voudrais dire ici que malgré leur soutien, nous avons compris que la lutte pour la libération du Togo est d’abord et avant tout la lutte du peuple togolais. Et nous l’assumons. », a-t-il déclaré.

Dans une analyse de la situation politique qui prévaut dans le pays, Nicodème Habia a appelé la Cédéao à ses responsabilités. Pour lui, face à l’attitude défiante du RPT-UNIR, les chefs d’Etat de la Cédéao ont la capacité d’exiger du pouvoir le respect scrupuleux et inconditionnel de la feuille de route. « Mais ils ont également le choix de laisser le peuple togolais se vouer à ses propres saints, quitte pour la Cédéao de jouer plus tard le rôle de sapeur-pompier dans le brasier infernal qui risquerait de déborder les frontières du Togo », a-t-il déploré, rappelant qu’«il ne s’agirait pas du jamais vu, mais d’un déjà-vu ».

« Comme notre camarade de lutte Tikpi Atchadam l’a si bien dit: « La balle est dans le camp de la Cédéao » Pour affirmer son mandat en tant qu’organisation soucieuse de la prospérité sous- régionale et africaine et de l’enracinement des pratiques démocratiques dont l’alternance au pouvoir est l’une des manifestations clés, la Cédéao doit avoir le courage de dire la vérité à Faure Gnassingbé et à ses acolytes que ses efforts de médiation ne sauraient faire l’objet de dédain », a insisté le président du parti Les Démocrates.

On le sait, l’armée togolaise joue un rôle déterminant dans la longue crise que traverse le pays. Dans son allocution, Nicodème Habia s’est adressé aux Forces armées togolaises (FAT). « Sur ordre d’un régime sanguinaire pour lequel tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins de monarchisation de notre pays, non seulement vous terrorisez continuellement les habitants de certains quartiers de notre capitale et de ses banlieues, mais aussi et surtout vous assiégez et continuez de maintenir sous terreur vos frères et sœurs togolais dans les localités de Sokodé, Bafilo et Mango », a-t-il dit.

Il a ajouté que « le peuple togolais vous voit et documente vos actions. Les peuples africains vous observent et prennent notes. La communauté des nations vous a à l’œil. Aujourd’hui, vous vous voyez présentée l’opportunité de vous ranger du côté de l’histoire ». Pour lui, l’armée a le choix entre suivre les ordres d’un régime chancelant et aux abois et être du côté du peuple. « Si vous choisissez d’être du côté du peuple, vous rentrerez dans l’histoire pour avoir fait preuve de rédemption et de solidarité avec un peuple meurtri par les abus sans nom d’un régime assoiffé de pouvoir. Mais si vous choisissez de vous aligner du côté de ce régime et de traduire en action ses ordres de brutalité et de crime contre le peuple togolais, eh bien, ne vous méprenez pas, l’histoire vous jugera sévèrement pour votre rôle complice, même si vous avez commis vos crimes en vous cachant la face derrière des masques », a martelé le leader des Démocrates.

Alors que le régime multiplie les subterfuges pour se maintenir, Nicodème Habia annonce une ascendance du mouvement de contestation. « Le peuple togolais n’acceptera jamais cela. Nos aïeux ont versé leur sang pour libérer notre pays du joug colonial et en faire une république. Depuis, des jeunes et des moins jeunes, des femmes et des hommes et même de tout-petits écoliers ont versé leur sang pour que cette république sorte de sous la dictature, vive et prospère. Ce n’est donc pas maintenant que nous allons baisser les bras. Le peuple togolais en a marre et ensemble la masse de la coalition des 14 partis politiques va déferler simultanément dans les rues sur toute l’étendue du territoire national pour un objectif et un seul objectif à atteindre : la capitulation totale du régime pour faire place à l’avènement de l’alternance politique et un état de droit au Togo », a appelé l’ex- gréviste de la faim.

Malgré son appel à la mobilisation, le président des Démocrates rappelle que le peuple togolais connaît son adversaire. « Nous ne nous faisons pas d’illusions. Nous sommes conscients que le régime aux abois va déchainer les matraques, les gaz lacrymogènes, les fusils à balles réelles pour venir nous rencontrer et essayer de nous empêcher. Ce régime l’a toujours fait et le fera encore », a-t-il assuré et d’ajouter « Nous avons le nombre en notre faveur et nous avons une cause juste à défendre. Des quartiers de Lomé jusqu’aux confins de Cinkassé, nous allons sortir en masse avec la seule mais puissante arme de manifestations pacifiques face aux armes meurtrières du régime… L’histoire retiendra que c’est à ce prix que le peuple togolais s’est libéré du joug domestique d’un Etat répressif et de l’oppression monarchiste de la famille Gnassingbé et sa petite clique qui tiennent le Togo pour un acquis ».

« Il nous reste très peu d’effort pour faire tomber les murs de Jéricho », a assuré Nicodème Habia. Il a appelé les Togolais à faire un grand tintamarre pour secouer les dernières fondations de la dictature cinquantenaire de Gnassingbé tous les jours entre 12h00 et 12h30 minutes.

G.A.

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