Editorial

Combien vont-ils assassiner pour assouvir leur pouvoir ?

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« Un dictateur n’est qu’une fiction. Son pouvoir se dissémine en réalité entre de nombreux sous-dictateurs anonymes et irresponsables dont la tyrannie et la corruption deviennent bientôt insupportables » (Gustave Le Bon)

 Le décompte macabre se poursuit au Togo. Le fils comme le père, on le sait, ont en horreur les principes démocratiques. Ils l’ont prouvé durant leur règne au long cours. Plus les années de Faure Gnassingbé passent, plus les Togolais au nom de qui il prétend gouverner se font assassiner. Une vingtaine de Togolais étaient tombés sous les balles assassines des spadassins du régime il y un an, à la suite des mouvements de contestation déclenchés le 19 août 2017. Samedi 08 décembre, au moins trois (03) nouvelles victimes se sont ajoutées à la longue liste de Togolais tués depuis que le fils du père a fait effraction dans la vie des Togolais et s’y impose. Des morts de trop pour un pays réélu au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Un pays dont les dirigeants se complaisent dans la violation massive des droits de l’homme.

Pour quelqu’un qui est arrivé au pouvoir dans une mare de sang en 2005 – plus de 400 Togolais avaient été tués selon l’ONU-, il aurait pu faire profil bas. Que nenni ! « Vous me laissez diriger le Togo comme je le veux ou je vous tue », tel semble être le message que le jeune Prince adresse aux Togolais. Un trône qu’il considère comme un legs familial et qu’il n’entend pour rien au monde lâcher. N’a-t-il pas confié à ses partisans en 2005 que son père lui a dit de ne jamais laisser le pouvoir lui échapper ? Pour s’asseoir aussi longtemps que possible sur le trône, il est prêt à faire assassiner autant de Togolais que nécessaire.

Au Ghana, le président Nana Akufo-Addo n’hésite pas à appeler l’armée au professionnalisme dans les relations avec les populations afin de promouvoir l’intégration et la cohésion nationale. Chaque fois qu’il en a l’occasion, il met en garde les hommes en uniforme contre tout abus envers des civils. «Les médias ont fait des reportages défavorables sur les actions de certains militaires. Etre enrôlés dans les GAF (ndlr : Ghanaian Armed Forces), c’est éviter la tentation d’utiliser vos uniformes pour intimider les civils dont les impôts sont utilisés pour vous payer », a martelé Nana Akufo-Addo récemment lors d’une cérémonie de remise de diplômes à des officiers de l’Académie militaire du Ghana.

C’est tout le contraire au Togo des Gnassingbé où les hommes en tenue reconnus coupables de bavures, d’assassinats, etc. ne sont nullement inquiétés, à contrario ils sont protégés par la puissance publique.

Depuis plusieurs jours, les « gilets jaunes » organisent des manifestations violentes à Paris, occasionnant des dégâts matériels importants. Chaque jour, ce sont les mêmes scènes de chaos dans la capitale française et qui ont même touché les Champs Elysées.  Mais jamais, les forces de sécurité françaises n’ont tiré à balles réelles sur les casseurs ou les gilets jaunes. Ces manifestations et émeutes auraient lieu au Togo, que l’armée allait sortir les matériels de guerre pour massacrer les populations.

Quand on se rappelle que les forces de défense et de sécurité n’ont pas hésité, en 2015 à Mango, à foncer sur la foule avec des véhicules blindés, écrasant des manifestants qui protestaient contre la réinstauration des mesures de délimitation des aires de faune au détriment de l’espace vital des êtres humains, on peut aisément deviner la capacité de nuisance de cette armée.   

Il arrive très souvent de nous demander ce que nous autres Togolais avons fait au Bon Dieu pour mériter de tels dirigeants…

Médard AMETEPE

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