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Relance des manifestations publiques: Forte mobilisation des populations dans les rues samedi à Lomé

 

. « La société civile retire sa confiance à la CEDEAO », dixit Prof David Dosseh

L’appel de la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition a été suivi. Le samedi 17 novembre 2018, des milliers de personnes ont pris part à la manifestation organisée par la C14 pour réclamer, entre autres, les réformes constitutionnelles institutionnelles, la révision du cadre électoral y compris le droit de vote des Togolais de la diaspora et l’arrêt immédiat du processus électoral en cours. Des différents points de départ, les foules ont convergé vers le point de chute, lieu où s’est tenu un meeting au cours duquel plusieurs responsables politiques et de la société civile se sont adressés à la foule.

Dans son mot de bienvenue, Me Dodji Apévon, président des Forces démocratiques pour la République (FDR) a salué la mobilisation des populations pour faire de la manifestation une réussite qui rapproche un peu plus de la victoire finale sur la dictature. « Nous y arrivons. Il ne reste plus qu’un moment pour que nous arrachions la victoire finale. Le combat que nous livrons est plus grand que nos adversaires », a-t-il assuré.

La tâche d’expliquer à la foule la feuille de route de la CEDEAO et ses enjeux a été confiée à Antoine Folly, leader du parti politique UDS-Togo.  « On dit dans un adage que si tu ne sais pas là où tu vas, tu dois savoir là où tu as quitté. De la même manière quand on entreprend une affaire, à un moment donné, on fait le bilan de ses activités. Il y a plus d’une année que nous avons commencé cette lutte. Et nous avions trois principales revendications : retour à la Constitution de 1992, révision du cadre électoral et vote de la diaspora », a rappelé Antoine Folly.

Il a indiqué que c’est suite aux manifestations populaires que le régime s’est empressé de faire appel à la médiation de la CEDEAO. « La CEDEAO a sorti une feuille de route qui trace la voie à suivre. Bien que cette feuille de route ne prenne pas en compte toutes nos exigences, nous l’avons acceptée », a-t-il déclaré, rappelant que la mise en œuvre de cette feuille de route n’est pas encore effective, la faute au régime en place.

Que s’est-il passé à Conakry du 03 au 06 novembre dernier ? C’est la question à laquelle a répondu Mme Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson. Elle a relaté les différentes discussions qui ont eu lieu dans la capitale guinéenne. Comme ses camarades, elle ne s’est pas privée de remercier les Togolais pour leur mobilisation. « Le peuple togolais a montré aujourd’hui qu’il est toujours déterminé et qu’il sait ce qu’il veut », s’est-elle félicitée.

Pour la Coordinatrice de la C14, beaucoup de citoyens ont été empêchés de participer à la marche pacifique, dénonçant ainsi les intimidations et autres méthodes du régime pour étouffer la mobilisation. « Comme les gens savent que nous allons renouer avec les marches aujourd’hui, ils ont voulu être parmi nous. Mais on les a empêchés. Parce qu’on veut faire croire qu’il n’y a pas eu beaucoup de monde et que le peuple n’est pas derrière nous. Mais ils ont menti », a-t-elle indiqué. Et de préciser que c’est la rue qui est l’arme redoutable de la Coalition. « Nous disons assez ! Nous devons retourner dans la rue. Mais quand on nous appelle pour discuter, nous irons et en même temps nous allons continuer les manifestations. Cette fois-ci, nous n’arrêterons que quand nous aurons gain de cause », a souligné la Coordinatrice de la C14.

Jean-Pierre Fabre, Chef de file de l’opposition a rappelé que « ce n’est pas pour aller à des élections que les populations se mobilisent. Si la CEDEAO pense qu’elle peut régler la crise togolaise par des élections législatives, il lui faut prendre toutes les dispositions pour que ces élections soient les plus acceptables possibles, libres, transparentes, équitables et démocratiques ».

Le départ du régime RPT-UNIR est toujours d’actualité et le Chef de file de l’opposition l’a martelé. « Nous venons de relancer, par la manifestation de ce jour, le départ du régime RPT-UNIR », a-t-il dit. Il a insisté sur le fait que ce n’est pas la volonté de la CEDEAO qui sera faite, mais celle du peuple togolais. « Ce que je sais, c’est qu’ils ne font pas ce que nous voulons. C’est nous qui portons la plaie et ressentons la douleur. Nous ne pouvons pas les laisser nous amener là où nous ne voulons pas. C’est très simple. Tous les peuples connaissent la démocratie, mais au Togo, ils nous disent de faire ce qui ne nous convient pas. Nous disons non », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « La question du recensement est non négociable ».

« Le sens de cette mobilisation, c’est pour adresser un message au régime qui ne tient pas compte des revendications des Togolais. Le régime continue d’organiser une élection à laquelle les Togolais ne veulent pas participer, une élection qui va encore déboucher sur des contestations. Tout cela irrite profondément les Togolais. Le message est également adressé à la CEDEAO qui est supposée nous accompagner pour trouver une solution pacifique à la crise. Nous avons fait le constat que les positions de la CEDEAO ne correspondent pas aux attentes des Togolais… Les Togolais sont prêts à manifester jusqu’à ce qu’ils obtiennent gain de cause », a ajouté Nathaniel Olympio, président du Parti des Togolais.

Les organisations de la société civile engagées dans la lutte pour la démocratie au Togo ont également participé à cette manifestation pacifique. Dans son intervention, Prof David Dosseh, Porte-parole du Front Citoyen Togo Debout, a souhaité une meilleure mobilisation pour les prochaines manifestations. Mais son principal message a été à l’endroit de la CEDEAO. « Je voudrais dire à la CEDEAO qu’en tant que société civile, nous avons soutenu l’initiative du dialogue parce que nous pensions que c’était une porte de sortie pacifique. Nous nous sommes retrouvés ensuite, le 31 juillet 2018, avec une feuille de route que nous avons soutenue en dépit de ses insuffisances. Aujourd’hui, nous voyons une feuille de route constamment violée par ce pouvoir dictatorial, et la CEDEAO accepte cette violation. Si tel est le cas, la société civile engagée et responsable retire sa confiance à la CEDEAO. Une chose est certaine – en 2005, on nous a tenus comme des moutons et conduits à l’abattoir –, en 2018, nous n’accompagnerons pas la CEDEAO et le pouvoir dans ce processus frauduleux », a déclaré le Porte-parole de Front Citoyen Togo Debout.

Cette position de la société civile est justifiée par le fait que « la CEDEAO a été incapable d’obtenir l’application des mesures d’apaisement et les réformes ». « 2018 ne sera pas 2005 », a-t-il martelé.

L’opposition annonce d’autres manifestations dont le programme sera communiqué.

Géraud Afangnowou

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