Politique

Le ROADDH exige la libération des défenseurs des droits de l’homme et des opposants

 

Le Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains se félicite des progrès accomplis aux niveaux juridique et institutionnel dans la mise en place effective d’institutions publiques chargées des droits de l’homme, d’institutions nationales des droits de l’homme conformes aux principes de Paris et de l’adoption de lois de protection des défenseurs des droits l’homme au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et Mali.

Nous nous réjouissons de l’abolition de la peine de mort en Gambie et saluons les efforts déployés par la Côte d’Ivoire pour libérer plusieurs dizaines de prisonniers politiques.

Madame la Présidente, Honorables commissaires, nous restons préoccupés par le nombre croissant de violations des droits de l’homme et de violations commises à l’encontre des citoyens, et en particulier des défenseurs des droits de l’homme dans la sous-région.

Nous notons avec une vive inquiétude:

– les attaques délibérées et calculées contre la liberté d’expression au Niger qui ont entraîné plusieurs arrestations de défenseurs des droits de l’homme;

– la recrudescence des meurtres commis par Boko Haram , les attaques contre des chrétiens et les crimes rituels perpétrés par des bandes organisées au Nigéria .

Nous notons également avec une grave préoccupation les attaques terroristes au Burkina qui ont créé une situation d’insécurité à la frontière avec le Togo. Mais nous précisons qu’au Burkina Faso, deux défenseurs des droits humains, dont Safiatou LOPEZ, sont arrêtés, détenus et inculpés de conspiration avec des terroristes.

Après les manifestations populaires massives qui ont eu lieu au Togo depuis août 2017 et qui ont été durement réprimées, le pays continue de vivre dans un climat politique où le harcèlement des défenseurs des droits de l’homme est rendu possible par un cadre juridique dont l’interprétation permet de criminaliser l’exercice légitime de la liberté d’expression, de manifestation pacifique ou encore de réunion.

Au cours de cette période, des atteintes à la vie de plusieurs personnes dont des enfants et deux militaires ont été enregistrées.

  1. Messenth KOKODOKO et Joseph EZA, membres du mouvement citoyen NUBUEKE, détenus à la prison civile de Lomé, ont été arrêtés les 19 et 26 octobre 2017 respectivement pour leur participation à l’organisation des manifestations de masse de 2017.

Le 04 avril 2018, M.  Assiba JOHNSON, Président de la section togolaise du Regroupement des Jeunes Africains pour la Démocratie et le Développement, section-Togo (REJADD-Togo) a été arrêté et inculpé de diffusion de fausses nouvelles et outrage à autorité, à la suite de la publication d’un rapport préliminaire intitulé: « TOGO: Plus de 100 morts dans la répression des marches pacifiques du 19 août 2017 au 20 janvier 2018 ».

Nathalie EDOH EGUELI, une défenseure des droits humains dont l’organisation a travaillé avec REJADD sur le même cas a dû s’exiler pour des raisons de sécurité.

  1. Folly SATCHIVI, Président du mouvement « En aucun cas », a été arrêté en août 2018, alors qu’il s’apprêtait à organiser une conférence de presse sur la feuille de route de la CEDEAO pour la gestion de la crise togolaise.

Nicodème HABIA, Président d’un parti politique d’opposition, a entamé une grève de la faim devant l’Ambassade des États-Unis à Lomé et a poursuivi devant l’Ambassade du Ghana pour exiger la mise en œuvre de la feuille de route de la CEDEAO, la libération des défenseurs des droits de l’homme arrêtés et autres détenus politiques par l’Etat du Togo.

Malgré les efforts déployés par le gouvernement ghanéen pour évacuer HABIA, le gouvernement togolais s’est opposé à son évacuation. L’opposant politique a toutefois été évacué par la route et poursuivit sa grève de la faim dans un hôpital ghanéen.

La violence politique est en augmentation.

Le siège du Parti National Panafricain a été incendié à Lomé et que la couleur du parti a été changée dans la nuit du 24 au 25 octobre 2018, tandis que les rues adjacentes étaient gardées par des hommes armés en uniforme.

Les citoyens sont empêchés d’exercer leur droit de manifester pacifiquement à Kara, Kanté, Sokodé et Atakpamé, malgré la levée de l’interdiction de manifester en novembre 2017.

Au vu de ce qui précède, Madame la Présidente, Honorables Commissaires, le Réseau Ouest Africain des défenseurs des Droits Humains vous prie d’examiner les points suivants:

TOGO

  • Libérer les défenseurs des droits de l’homme et les opposants politiques détenus dans les prisons du pays;
  • Adopter une loi sur la protection des défenseurs des droits de l’homme en impliquant les organisations de la société civile.
  • Veiller au respect des directives sur la liberté de réunion et d’association en Afrique et renforcer les capacités des forces de l’ordre et des forces de sécurité en la matière;
  • respecter le Protocole sur les élections et la démocratie en Afrique afin d’éviter une répétition des événements sanglants de 2005;
  • Assurer la mise en œuvre effective de la feuille de route de la CEDEAO afin d’instaurer une démocratie durable dans le pays.

BENIN

  • S’assurer que les réformes entreprises au sein du gouvernement reflètent les instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme auxquels le pays est parti.

MAURITANIE

  • Libérer sans condition tous les défenseurs des droits humains, y compris Biram Dah ABEID;
  • respecter les lignes directrices sur la liberté d’association et de réunion en Afrique;
  • Assurer la libération immédiate des ressortissants sénégalais arbitrairement détenus par la police et dans les prisons et enquêter sur des allégations de torture perpétrée contre leur personne.

BURKINA FASO

  • Procéder à la libération inconditionnelle de tous les défenseurs des droits de l’homme, Safiatou Lopez y compris.
  • Réviser la loi antiterroriste burkinabé pour une meilleure protection des défenseurs des droits de l’homme.

Le Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains en appelle à l’Union Africaine à reconsidérer sa décision concernant l’indépendance et le mandat opérationnel de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) conformément à l’Agenda 2063.

Merci Madame la Présidente

 

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