Editorial

Guinée : Le Facilitateur a besoin d’une facilitation

 

« Un grand dirigeant commande par l’exemple et non par la force » (Sun Tzu)

Les leaders de la Coalition des 14 partis de l’opposition (C14) et une délégation du gouvernement se sont envolés samedi à Conakry, à l’invitation du président Alpha Condé, afin de tenter de trouver une solution à la sempiternelle crise sociopolitique dans laquelle le Togo est englué. C’est depuis neuf mois, en février 2018, que le président guinéen Alpha Condé et son homologue du Ghana, Nana Akufo-Addo proposent leurs bons offices au Togo. Le 31 juillet 2018, les chefs d’Etat de la CEDEAO avaient proposé, à l’issue du sommet tenu à Lomé, une feuille de route pour un règlement durable de la crise. Le Togo aurait pu commencer à entrevoir une lueur d’espoir si le pouvoir de Faure Gnassingbé, fidèle à sa mauvaise foi notoire et hostile aux valeurs et principes démocratiques, n’avait pas rangé dans les placards les recommandations de la CEDEAO pour tenter d’opérer un coup de force électoral, ouvrant une nouvelle crise dans la crise.

Les protagonistes togolais sont à Conakry pour trouver une solution au problème de la CENI qui bloque toute avancée depuis plusieurs semaines, mais aussi au recensement électoral organisé unilatéralement par le pouvoir et surtout à l’épineuse question des réformes prescrites dans la feuille de route. Quelle panacée Alpha Condé va-t-il prescrire pour sortir de l’impasse au Togo ?

Pendant que le président guinéen se décarcasse au chevet du Togo, la situation sociopolitique n’est guère reluisante dans son pays. Manifestations et répressions policières, avec leur cortège de morts et de blessés, restrictions des libertés publiques, etc. rien ne semble aller chez le Facilitateur qui a besoin, lui aussi, d’une facilitation pour apaiser les tensions politiques.

Les deux dernières semaines du mois d’octobre ont été mouvementées en Guinée. Après deux journées villes mortes décrétées par l’opposition et qui se sont soldées par un mort, un jeune tué par balle, l’opposition a mobilisé ses partisans dans les rues pour dénoncer l’installation des conseils municipaux. Des manifestations réprimées qui ont fait une autre victime et une vingtaine de blessés par balles. « Dès qu’il y a manifestation, attendez-vous à au moins un mort », a déploré Mala Diallo, vice-président de l’Organisation guinéenne des droits de l’Homme. Pour Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition, Alpha Condé « n’a pas pitié de ce peuple».

Alpha Condé, s’il veut véritablement aider les Togolais à sortir de leur crise, devrait être un modèle et donner le bel exemple dans son pays. Comme l’enseigne ce dicton arabe, « celui qui enseigne le bien aux autres, sans le faire, est semblable à l’aveugle qui porterait une lanterne ». A méditer.

Médard AMETEPE

 

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