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Scandales économiques impliquant la famille Gupta: Démission en Afrique du Sud, impunité garantie au Togo

 

Nene Nhlanhla, ministre sud-africain des Finances a démissionné en début de semaine dans le scandale de l’influence de la famille indienne Gupta sur les personnalités politiques. Au Togo, les révélations sur les crimes économiques impliquant cette même famille n’ont été suivies d’aucune mesure.  

Les Gupta entraînent des personnalités sud-africaines dans leur chute

Le ministre des Finances de l’Afrique du Sud, Nene Nhlanhla a démissionné lundi de ses fonctions. Cette démission est consécutive aux enquêtes ouvertes par la nation arc-en-ciel sur les allégations de corruption des personnalités politiques en lien avec la richissime famille indienne Gupta. Dans une allocution, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a déclaré avoir accepté la démission de son ministre « dans l’intérêt de la bonne gouvernance ».

Il y a quelques jours, le ministre des Finances a admis, lors d’une enquête sur l’influence présumée des Gupta, avoir rencontré les membres de cette famille au moins à six reprises entre 2009 et 2014. Les rencontres, a en croire le ministre démissionnaire, ont eu lieu dans les entreprises des Gupta et à leur domicile. « Moi aussi, je suis humain. Je fais des erreurs, y compris des erreurs de jugement », a-t-il dit alors qu’il présentait des excuses publiques.

Les médias sud-africains soulignent que rien n’indique que le ministre des Finances ait commis un acte illégal lorsqu’il a rencontré les hommes d’affaires pendant son mandat de vice-ministre des Finances et de ministre des Finances dans le gouvernement de Jacob  Zuma. Mais Nene Nhlanhla fait face à une pression politique intense l’obligeant à se retirer de son poste.

En réalité, cette pression est due au fait qu’une autre personnalité de l’administration Zuma ait déclaré que les Gupta ont utilisé ces réunions pour influencer les décisions politiques. « On m’a offert 600 millions de rands (41 millions de dollars, Ndlr) si j’acceptais (leur proposition, Ndlr) », a-t-il révélé à la Commission Zondo, chargée d’enquêter sur ce scandale.

En premier lieu, cette démission a été considérée par les Sud-Africains comme un changement de cap dans la gouvernance des biens publics, dans un pays où cette culture (démission) n’existe pas. C’est en fait l’image que veut donner l’actuel président à son administration. Cyril Ramaphosa avait hérité d’une présidence affaiblie par les nombreux dossiers de scandales dans la gestion économique du pays.

Silence autour des Gupta au Togo

Si nous faisons écho de cette affaire, c’est parce que les Gupta sont également présents au Togo. De sinistre réputation, cette famille a été citée dans plusieurs affaires dont celle de détournements des ressources issues de l’exploitation du phosphate togolais. Les Gupta seraient en dehors de la France, l’Inde, le Mexique et le Brésil, les principaux clients de la Société nouvelle des phosphates du Togo (SNPT). Ashok et Amit Gupta, un père et son fils d’origine indienne exercent à travers leur société de transport maritime Kalyan et achètent 90% du phosphate togolais. Une position privilégiée qui serait utilisée à des fins d’enrichissement illicite et de fuite de capitaux.

Ces allégations sont confirmées par une étude publiée en décembre 2017 par l’association « Veille économique » de l’économiste Thomas Koumou. L’association avait révélé dans un document intitulé « Phosphate du Togo » qu’en termes de chiffres, « la contribution du phosphate au PIB du pays était de l’ordre de 2,3% en 2013 et de 1,4% en 2014». Et pourtant dans les années 1990, le phosphate représentait à lui seul 40 à 50% des recettes d’exportation du Togo. Ce qui a donné à ce minerai le surnom de « poumon de l’économie togolaise ».

L’écart entre la contribution du phosphate au PIB des années 1990 et celle des années 2000 ne peut s’expliquer que par une mauvaise gestion des ressources. Malheureusement, les pratiques dénoncées se poursuivent et aucun responsable n’est inquiété. L’une des raisons qui expliquent cette situation d’impunité est que  l’administration accusée de mauvaise gestion est toujours en place. Une couverture pour la famille Gupta, mais également d’autres investisseurs tels que les indiens de la cimenterie Wacem dont les pratiques sont également décriées.

G.A.

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