Politique

Mobilisation massive lors de la marche pacifique de Togo Debout

 

Des milliers de personnes ont répondu, vendredi 05 octobre 2018, à l’appel du Front citoyen Togo Debout. Depuis les deux points de départ, les foules ont convergé vers le lieu du meeting où de nombreux responsables ont entretenu les manifestants sur l’actualité sociopolitique. Ils ont exigé la libération des personnes détenues dans le cadre des manifestations. Les responsables du Front citoyen Togo Debout ont appelé la CEDEAO à prendre ses responsabilités pour aux Togolais éviter de revivre ce qui s’est passé en 2005. D’autres marches pacifiques sont annoncées.     

Sur le parcours, la foule s’est immobilisée au Carrefour AGIP Bè-Kpota, le temps de rendre hommage à feu Zoumekey Kokou Joseph. C’est à cet endroit que le jeune garçon a été abattu le 18 octobre 2017. Les manifestants ont salué la mémoire de cette victime en brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « C’est ici que le jeune Jojo a été tué ». A l’instar des martyrs, l’hymne national a été exécuté en l’honneur de la victime.

Parmi les responsables de Togo Debout à avoir monté sur le podium au point de chute au carrefour de l’Eglise des Assemblées de Dieu à Anfamé, Me Raphael Kpandé-Adzare, 2ème porte-parole du mouvement. Son intervention a porté sur des messages à l’endroit des différents acteurs de la crise togolaise. « Je voudrais envoyer un message, premièrement à ceux qui sont à la tête du pays. Maintenant que nous sommes debout, nous ne retournerons pas à la maison sans avoir eu gain de cause, sans avoir touché ce pour quoi nous luttons. Nous disons à M. Adégnon que pour la prochaine fois, il ne s’opposera plus à notre itinéraire. Nous passerons là où nous voulons pour atteindre la destination que nous allons définir », a-t-il dit. Me Raphael Kpandé-Adzare s’est également adressé aux leaders de la C14. « Nous avons également un message à l’endroit de la C14. Nous voulons leur dire qu’ils ont l’obligation de rester unis. Qu’ils restent unis parce que le peuple a mis son espoir en eux. Le peuple leur demande de rester unis pour continuer par porter ses aspirations », a-t-il martelé.

En 2005, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) a assisté, en spectateur, sinon complice au massacre des populations après les élections frauduleuses. Pour Togo Debout, l’organisation communautaire doit davantage s’impliquer. « A l’endroit de la CEDEAO, nous disons que nous ne voulons plus vivre en 2018 ce que nous avons vécu en 2005. Nous demandons à la CEDEAO de prendre ses responsabilités et d’arrêter ce processus électoral. C’est très important », a averti le leader de Togo Debout. Avant d’appeler le peuple togolais à rester éveillé. « Nous sommes déjà debout et nos manifestations resteront pacifiques jusqu’à la victoire finale », a-t-il assuré.

La manifestation avait pour but d’exiger la libération des détenus politiques. « Nous interpellons les autorités publiques dont le Garde des Sceaux, ministre de la Justice. S’il n’a pas pu poursuivre les miliciens qui sont sortis visages cagoulés, il n’a qu’à libérer ceux qui sont détenus. Nous allons attendre. Si dans quelques jours les détenus ne sont pas libérés, nous allons encore descendre dans la rue. Et cette fois-ci, nous n’allons pas retourner à la maison jusqu’à ce que nous aurons obtenu la libération des détenus », a souligné Me Raphael Kpandé-Adzare.

Professeur David Dosseh, 1er porte-parole du Front citoyen Togo Debout a, dans son intervention, rappelé l’arrestation et la libération des responsables et sympathisants du mouvement alors qu’ils sensibilisaient à Agoè-Nyivé, la veille de la manifestation. Il a rappelé la nécessité de conclure la lutte pour la libération du peuple togolais.

Par rapport au recensement dont les opérations de la première zone prennent fin ce lundi 08 octobre 2018, Professeur David Dosseh a dénoncé les intimidations en cours, surtout auprès des commerçantes. « Les femmes du grand marché de Lomé nous ont rapporté que certaines personnes sont venues leur dire que si elles ne se font pas recenser, elles seront battues lors des patrouilles de la Police. Elles nous ont également dit que des institutions de microfinances disent que sans les nouvelles cartes d’électeurs, elles ne seront pas servies », a-t-il dénoncé. Professeur David Dosseh a déclaré : « Quand la CENI que nous voulons va commencer ses activités, nous irons nous faire recenser ».

Plusieurs responsables de la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition ont également participé à la manifestation. Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson, Me Dodji Apévon, Dr Nagbandja Kampatibe, Nathaniel Olympio et Jean-Pierre Fabre, entre autres, étaient au rendez-vous.

Dans son intervention, le chef de file de l’opposition a salué la détermination des responsables du Front citoyen Togo Debout « qui ont pensé organiser une manifestation pour que les détenus politiques, ces personnes qui ont été arrêtées arbitrairement, soient vite relâchées ». « Nous ne pouvons pas ne pas nous associer à cette manifestation parce que nous sommes tous Togolais et nous disons la même chose. Ces manifestations sont importantes », a déclaré Jean-Pierre Fabre.

Il a assuré les manifestants de la détermination de l’opposition. « Certains ont pensé que nous allons faire ce parcours, ces décennies de combat pour finir par leur donner ce qu’ils veulent. C’est impossible. Nous leur disons qu’ils rêvent en couleur, ceux qui pensent qu’ils ont un boulevard devant eux », a-t-il dit.

Jean-Pierre Fabre a annoncé des manifestations populaires à l’appel de la C14 dans les prochains jours. « Nous allons reprendre nos manifestations pour voir s’ils peuvent réussir les manœuvres qu’ils ont commencées », a-t-il conclu.

G.A.

 

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