Politique

Retour « souhaité » de Tikpi  Atchadam: Quid des garanties sécuritaires exigées ?

 

Tikpi  Atchadam ! L’homme par qui tout a commencé le 19 août 2017. Bientôt un an qu’il s’est mis à l’abri, ne donnant signe de vie (sporadiquement) qu’à travers des messages audio sur les réseaux sociaux. Cette absence prolongée a toujours nourri le débat au sein de l’opinion. Certains estiment, à tort ou à raison, qu’il est préférable que l’homme de Kparatao préserve sa vie que de se laisser « liquider » par des apparatchiks de la dictature de Faure Gnassingbé. Pour d’autres, il devrait plutôt revenir au-devant de la scène afin de reprendre sa place dans la lutte. Mais au-delà de tout, l’homme a toujours su faire confiance à son instinct. Les nouveaux développements de l’actualité politique, avec la feuille de route proposée par la Cedeao en vue d’une sortie de crise, poussent des voix à demander le retour de Tikpi  Atchadam.  Mais y a-t-il des garanties suffisantes pour que son intégrité physique ne soit pas atteinte ?

Le sujet revient pratiquement tous les samedis au cours des meetings hebdomadaires du Parti national panafricain (PNP). Les militants et sympathisants du parti « au  cheval » demandent aux responsables les nouvelles de leur incontestable leader Tikpi. « Se porte-t-il bien ? », « Quand-est-ce qu’il reviendra ? ». Autant de questions qu’ils posent. Ce qui est certain, la question de l’absence prolongée de Tikpi préoccupe à plusieurs niveaux.  Déjà la Coalition des 14 partis de l’opposition avait, à lors du dialogue inter-togolais démarré le 19 février 2018, exigé des garanties auprès de la Facilitation pour que le président du PNP puisse prendre activement part aux pourparlers. Mais cette demande s’est vu opposer une fin de non-recevoir chez certains caciques du pouvoir, qui ne voulaient pas en entendre parler.

Depuis lors, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Mais, y a-t-il eu des évolutions significatives pour que l’homme qui a fait trembler le Palais de Lomé II, revienne au bercail ? La question reste toute posée. Dans son entourage, difficile d’avoir des indices. On se contente de dire qu’il va bien et qu’il suit la situation de près. « Il réagira au moment opportun », nous a répondu un de ses proches. Le sujet anime toujours les discussions au sein de la Coalition des 14. Naturellement, elle demande des garanties. Intervenant hier sur une radio de place, Pascal Adoko, Secrétaire général adjoint, chargé des affaires politiques de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), a fait un plaidoyer dans ce sens. « Il faut créer les conditions pour que Monsieur Tikpi  Atchadam revienne…c’est un acteur politique », a-t-il déclaré.

Aujourd’hui, il est question pour le pouvoir de Faure Gnassingbé de prouver aux yeux du monde entier qu’il peut être (par moments) de bonne foi. Depuis le 31 juillet dernier, à la fin du sommet de la Cedeao au cours duquel la feuille de route a été présentée, on assiste à une foire aux bonnes intentions. Seulement, le régime a habitué les Togolais par ses manœuvres au point que plus personne ne les croit. « Déjà qu’ils prennent l’engagement d’assurer la sécurité de Tikpi, et le reste on verra », souhaite un acteur politique.

S.A.

(Liberté N°2729 du 07-08-18)

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