Sunday 26 January 2020
Société

Patrouille ou couvre-feu déguisé ?

 

Pour combien de temps encore le régime fera instaurer ce qu’il convient d’appeler un couvre-feu dans certains quartiers de la capitale Lomé ? Hier c’étaient les mosquées qui avaient presque servi de prétexte au régime pour tenter de couler le Parti national panafricain (PNP). Ensuite il y a eu l’incendie du siège du parti Unir à Sokodé. Aujourd’hui, c’est une agression de gendarmes et policiers qu’on cherche à coller à ce parti qui donne des insomnies au parti au pouvoir. Et qui sert de prétexte pour opérer des rafles inique suivies de paiement de rançon (sic).

Le Togo est-il un pays en état d’urgence, ou bien certains de ses quartiers sont-ils sous le coup d’un couvre-feu déguisé ? Des rafles se produisent dans des quartiers périphériques depuis quelques jours lors de patrouilles militaires. Que les citoyens détiennent des cartes d’identité ou non, ils sont emportés et ne retrouvent la liberté, pour ceux qui sont pressés, qu’après avoir déboursé de l’argent. 10.000 F ou 15.000 F pour être libérés alors qu’ils sont en règle. Si ce n’est pas un état d’urgence, ça y ressemble fortement.

Combien de temps durera cette nouvelle forme de « terrorisme psychologique » ? A Sokodé, plus précisément à Kparatao, la vie semble s’être arrêtée. Mais parce que les supposés leaders de l’opposition ne sont pas directement concernés, ce sont les pauvres citoyens qui subissent le courroux des militaires qui bastonnent tout bipède, sans distinction. Au nom du 4ème mandat de Faure Gnassingbé. Les fêtes de fin d’année risquent d’être à géométrie variable : l’insouciance dans certaines localités, mais la terreur et une chape de plomb dans les localités ciblées comme pro-PNP. Dans un silence assassin des représentants diplomatiques.

Une famille rencontrée la semaine dernière raconte que pour préserver son intégrité physique, elle a changé de programme et ne va plus à l’église les samedis soirs, mais plutôt les dimanches matin. Nous sommes encore loin de la date de l’élection présidentielle. Que se passera-t-il à l’approche de ce jour ? Pendant ce temps, on marche allègrement dans d’autres localités du pays, à la gloire du régime.

Abbé Faria

Shalom