EBOMAF et les marchés publics: 181 milliards FCFA de contrat pour contourner la capitale Ouagadougou

 

Pour lancer les travaux de construction de l’autoroute de contournement de la capitale Ouagadougou au Burkina Faso, le président Rock Marc Christian Kaboré avait invité son homologue libérien, George Weah.

D’une distance de 125 km, cette infrastructure aura pour objectif de désengorger le trafic Nord-Sud dans la capitale. Et pour conduire les travaux avec confiance, l’exécutif burkinabé n’a pas cherché loin, il a misé sur l’expertise confirmée de l’Entreprise Bonkoungou Mahamadou et Fils (EBOMAF), une entreprise locale aux dimensions africaines.

276 millions d’euros, soit plus de 181 milliards FCFA ; trois ans de travaux, telles sont les informations chiffrées à retenir. Du point de vue de la répartition des travaux, on retient que les 125 km seront répartis en deux tronçons : le contournement Nord reliant les routes de Bobo à celle de Ouahigouya, et celui du Sud qui fera la jonction entre les routes de Fada et de Po. L’infrastructure devra prendre forme sous forme de rocade dans le village de Yimdi, une localité située en banlieue ouest de la capitale. Des conditions de financement du projet, il en a aussi été question.

En effet, dans le cadre d’un accord de partenariat public-privé, EBOMAF devra financer la construction de l’autoroute via un prêt structurant d’une durée de dix ans dont deux en différé, effectuant les travaux avant de se faire rembourser par le gouvernement de son pays. Bien que les détails des modalités de remboursement n’aient pas été communiqués, aucune inquiétude n’a semblé s’emparer des deux parties.

Spécialisée dans les BTP avec une expertise qui n’est plus à démontrer, l’entreprise du magnat burkinabé est déjà présente en Côte d’Ivoire, au Togo, au Bénin, au Liberia et en Guinée. Parallèlement, elle s’est lancée dans la diversification de ses activités et est déjà présente dans l’aviation, l’agroalimentaire et l’industrie. Et ce n’est pas fini. Ce groupe de BTP a également pris le contrôle de la Banque de l’Habitat du Burkina Faso, qu’il a recapitalisée il y a peu à hauteur de 23 milliards de FCFA. C’était en octobre 2017. Cette prise de participation dans le secteur bancaire confirme à n’en pas douter que pour Mahamadou Bonkoungou, les financements ne constitueront nullement un facteur limitant dans la réalisation du chef-d’œuvre qui devra être ouvert à la circulation au plus grand tard dans 36 mois.

Malgré ses success stories, le PDG d’EBOMAF a la réussite modeste et n’ignore pas ceux qui lui ont permis d’émerger. « Je remercie les pays qui ont permis à Ebomaf d’être aujourd’hui l’une des entreprises pionnières dans la conduite de ce modèle novateur de financement des projets de nos États », a-t-il laissé entendre.

Hier, c’étaient d’autres formes de financements ; et cette entreprise a su tirer son épingle du jeu. Aujourd’hui, l’heure est au partenariat public-privé, synonyme de solidité financière et de crédibilité auprès des banques commerciales. Et EBOMAF est encore au rendez-vous avec l’innovation. Aussi, s’il est un malheur qu’on puisse souhaiter à cet expert des routes, c’est : bon vent !

Godson K.  

 

 

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